Partir en vrille et redresser au dernier moment

Hello la #TeamChats

Oui, comme d’habitude, cela faisait longtemps que je ne n’étais pas venue taper la causette. Attention, ça va long, il va y avoir des moments tristes, mais je te promets que ça se finit bien.

Ces dernières semaines, j’ai tout envoyé balader pour mieux me concentrer sur mon objectif, la One Thing que tu dois faire en priorité, mon roman, le T3 de Reyes & Knight, Mortal Spring, bientôt sur Amazon.

Il faut te dire que j’ai frôlé le crash. Si tu veux une idée, c’est à peu près comme ça que je me sentais :

Comme tu le sais déjà (ou pas), j’ai des TAC (et même des tics tacs, mais c’est une autre histoire). Des troubles de l’anxiété chroniques. Je fais des crises d’angoisse, toussa, depuis que je suis adulte. Du coup, je prends deux médocs depuis plus de vingt ans pour remédier à ce léger souci. Un anxiolityque (que je viens de googler l’orthographe, depuis tout ce temps, je ne me rappelle toujours pas le nombre de y et s’il y a un h ou pas) ; et un somnifère. Oui, je sais, c’est très mal, je devrais m’en sortir sans ces vilaines drogues avec du yoga, de la méditation transcendantale, des fleurs de Bach, des tisanes, un psy et un gourou à qui je donnerais tous mes revenus d’autrice (le pauvre, il ne fera pas fortune) Tu crois sérieusement que je n’ai pas tout essayé, en trente ans? J’ai raconté ma vie à des psys, avalé des tisanes dégueu, failli me démonter la colonne en posture yogaesques et rien. Le seul truc qui fait effet et me permet de vivre à peu près normalement, c’est mes médocs. Je suis née comme ça, anxieuse (merci qui? Mes parents, bien sûr, eux-mêmes de grands anxieux).

Or, donc, un beau week-end de septembre, je me suis retrouvée en rade de somnifère. Genre, plus rien, nibe, wallou, j’ai retourné tout l’appart sans trouver un demi-comprimé tombé entre les coussins du canapé. Vu la classe de médicaments, on ne peut l’avoir qu’avec une ordo certifiée de ton médecin, un serment d’allégeance à la pharmacie où tu l’achètes, ta signature avec ton sang et un certificat de bonne conduite de ta concierge. Inutile de te dire d’un week-end, dans une pharmacie qui ne te connait pas, c’est mort. Furax, je me suis dit que j’allais m’en passer une bonne fois pour toutes, non mais ! (oui, j’ai un fichu caractère, certifié tête de mule).

J’ai réussi. J’ai retrouvé un sommeil à peu près convenable (genre je suis tombée d’épuisement après plusieurs nuits d’insomnie). Alors qu’entre temps, j’avais mon ordo et ma petite boite de comprimés, donnée avec suspicion par mon pharmacien habituel qui m’a réinscrite dans son registre des Drogués Légaux.

Je dormais mal, j’avais des insomnies qui me permettaient d’aller faire des coucous sur Twitter à d’autres insomniaques (Tokoshan, si tu me lis…), mais je m’obstinais (je suis têtue, je rappelle). En novembre, deux mois après mon sevrage, l’événement littéraire de l’année a commencé, le Nanowrimo. Le mois où tu abandonnes toute vie sociale (ce qui cette année n’a rien changé) pour écrire 50 000 mots en trente jours. Là, je me lance en me disant que c’est l’opportunité pour écrire Lucky Chance, le spin-off de Chastity Houston. Lucky, dans ma tête, est une Petite Sorcière Pétillante (me le piques pas, c’est déposé). Fin novembre, après un mois où j’ai fini sur les dents, j’avais un roman. Je me suis carrément fait peur quand je l’ai relu le mois suivant. Adieu, la PPS (petite sorcière etc), bonjour une romance paranormale sombre, presque tragique, en tout cas, très très loin de ce que je voulais écrire et de ce que j’écris d’habitude.

Tu ne liras jamais cette histoire, je refuse de publier un truc pareil. Ce n’est tout simplement pas moi. J’ai donc décidé de dissoudre l’Assemblée… non, c’est pas ça (les vieux comprendront). J’ai donc décidé de laisser tomber et de me mettre à l’écriture du tome 2 de Reyes & Knight. Sauf que je galérais pour écrire régulièrement et suffisamment. Genre, j’étais tout le temps fatiguée et démotivée. Entre temps, j’ai passé de supers fêtes de fin d’année, avec mes potes, en gueulant « bonnanée » complètement bourrée. Non, je me trompe d’année. C’était en 2019. En 2020, c’était pourri, je n’ai rien fait, comme une bonne partie du monde. Ça ne m’a pas aidée à remonter la pente. Je sentais que je partais en vrille, et que je n’allais pas tarder à me crasher. Excuse mes métaphores aéronautiques, j’ai grandi dans ce rêve de gosse (et toc, madame de Poitiers).

Le pire, quand tu pars en dépression, c’est que tu ne t’en rends pas vraiment compte. C’est un peu comme la grenouille dans la casserole d’eau qui chauffe. Jusque là, tout va bien. J’ai un peu chaud, mais ça va. Moi, j’avais le moral à zéro, mais comme tout le pays, voir le monde, et je laissais aller plein de trucs. Je me cramponnais à l’écriture, mais j’y arrivais de moins en moins. Extérieurement, tu avais au contraire l’impression que j’allais bien, parce que j’en rajoutais une couche sur les réseaux sociaux, et que j’ai créé une newsletter (je sais, je ne l’utilise pas beaucoup), et plein d’autres trucs pas finis (my bad).

Et puis un jour de mars, l’illumination. Au nom de la bière, de la tarte flambée et du kouglof, amen. (ne le prends pas au premier degré, tu veux bien?)

J’avais un rendez-vous, ce jour-là, et je ne pouvais pas le manquer (non, pas galant, ne rêve pas). Avec mes insomnies répétées, j’étais capable de ne pas entendre mon alarme n°1, ni la n°2 (dix minutes plus tard) ni le snooze, ni les miaulements du chat réclamant à manger (alarme certifiée efficacité 99%). J’ai donc pris un somnifère. Et là, miracle. Non seulement, j’ai dormi comme un bébé, mais je me suis réveillée en forme, horrifiée par l’état de l’appartement (non, pas encore C’est Du Propre, quand même, mais franchement en bordel). Je vais à mon rendez-vous, et je ne prends pas de somnifère le soir. Insomnie. Je craque deux jours plus tard. Je dors à nouveau comme un bébé, et surtout, je me lève en ayant de l’énergie, l’envie de faire quelque chose d’autre que d’aller me recoucher, et de bonne humeur.

Muffin, mon golden retriever arrivé en novembre, ne m’a pas reconnue. Il a fallu que mes autres chiens lui disent que c’était mon état normal, la fille qui chantonne Game of Thrones en préparant son café (purée, je ne sais toujours pas si c’est le jeu des trônes ou les jeux du trône, ce qui in French, peut avoir un autre sens si tu as un humour spécial). Quoi, je l’aime bien cette chanson du Red Wedding, elle est jolie, je trouve.

Et c’est là qu’en parlant avec une amie (via Twitter, histoire de respecter les gestes barrières), j’ai compris que mes ennuis venaient de mon mauvais sommeil depuis septembre. Il m’a suffi d’un mois sous somnifères pour retrouver ma bonne humeur, mon moral, ma joie de vivre, mon envie de buter des gens quand on m’énerve, bref, d’être à nouveau moi-même.

Le médecin qui m’a prescrit à la fois un anxiolytique (j’ai bon?) ET un somnifère il y a des années de cela savait ce qu’il faisait. Depuis début mars, je reprends donc mon somnifère, je râle à nouveau contre les ordonnances certifiées (déjà que je n’aime pas la paperasse), mais je vais mieux. J’ai rangé mon appart, ce n’était pas du luxe. Je réussis à écrire à nouveau régulièrement, et à faire souffrir mes héros avec plaisir (je vous ai dit que j’étais sadique?)

Tout cela pour vous dire que si, ces derniers mois, je n’ai pas écrit autant que je l’espérais, autant que je le voulais et vous l’avais promis, j’avais un mot de mon docteur. Je faisais une petite dépression. J’espère que c’est à peu près fini. Je vois vraiment la différence. Je ne dis pas que c’est la joie, on est à nouveau en confinement qui ne dit pas son nom, c’est le bordel pour les vaccins (je fais partie des chanceux qui ont eu une dose d’AZ et ignorent complètement ce qui va se passer pour la 2è dose, et surtout quand), mais j’ai repris ma vitesse et mon altitude de croisière.

On y croit !

(promis, j’arrête avec les avions).

4 commentaires sur « Partir en vrille et redresser au dernier moment »

  1. c’est affreux car tu m’as fais rire tout le long du post tout en sachant que ce que tu vis est loin d’être drôle !! je compatis à tes angoisses et ton stress et j’espère que tu arriveras a sortir de cette vilaine dépression qui te pourris la vie en ce moment (Ca aussi c’est une épine dans le pied !! ) continue ton regime anxio/somnifere si ca te permet d’être reposée et te sentir mieux !! apparemment les médecins a défaut de savoir écrire proprement savent ce qui est bon pour nous et surtout prend le temps qu’il te faut !! on sera toujours là

  2. In a coat of gold, in a coat of red
    A lion still has claws
    And mine are long and sharp, my Lord
    As long and sharp as yours
    And so he spoke, and so he spoke
    The lord of Castamere
    And now the rain weeps over his floor
    With not a soul to hear…

    Jacques Chirac, sors de ce corps !

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