RENEGADES MADDOX EPISODES 35 & 36 (FIN)

CHAPITRE 35

Ash

Vendredi soir, le Blue Lounge est bondé quand j’y arrive. Je pensais que les gens allaient être réticents à se mêler les uns aux autres, avec le virus qui court toujours, mais apparemment, ils s’en foutent. Tout le personnel porte un masque et les serveurs ont une visière en plus. On ne peut pas rentrer sans s’être désinfecté les mains et  avoir mis un masque, qu’on ne peut enlever qu’une fois à sa table. La distribution est gratuite et assurée par de charmantes jeunes femmes assistées par de grands costauds. Le club est transformé en parcours fléché. Je suis sagement le tracé jusqu’à la table où Maddox m’attend. Il est tout en noir, comme d’habitude, et il a enlevé son masque en tissu de même couleur et boit une bière. L’ambiance est joyeuse, les rires fusent, et quelques couples s’agitent même sur la piste, à distance les uns des autres. L’ambiance est vraiment étrange. Après plus de huit semaines passées à la casa Beneventi, j’ai l’impression de débarquer dans un film de science-fiction. Je suis stressé que Maddox travaille au milieu de tout ce monde, mais lui a le sourire. Je commande un whisky et je me laisse tomber en face de lui, ôtant mon masque chirurgical.

— Tu voulais me voir ? demandé-je.

Maddox m’a simplement envoyé un message me demandant de passer pendant sa pause, m’assurant simplement que tout allait bien avant de ne plus répondre du tout.

— Pax veut te rencontrer, dit-il en prenant une gorgée de sa bière.

Je me crispe un peu. Nous nous connaissons, nous nous sommes déjà parlé et nous avons même fait affaire ensemble à une occasion, mais c’était quand je venais en tant que représentant du Vieux. Cette fois, c’est différent et ça me rend nerveux.

— C’est à cause de mon site de paris sur les jeux vidéo ? fais-je. Je sais qu’il en a un aussi, mais je ne suis même pas allé voir ce qu’il fait.

— Arrête de flipper, sourit Maddox. Il veut simplement faire ta connaissance.

— Il me connait déjà.

— Il connait l’héritier Beneventi. Ce soir, il veut te rencontrer, toi.

— J’ai l’impression que c’est ton daron et que je vais passer un examen, rigolé-je, déjà un peu plus détendu.

— Mais non. Arrête d’être nerveux comme ça. Tu sais, Pax est un être humain.

— C’est un chef de gang,  et moi je suis un petit gangster qui débute dans le business.

J’ai dû apprendre à changer d’attitude envers les autres caïds que je peux rencontrer. Auparavant, le nom de Beneventi me protégeait et m’assurait un certain statut. Maintenant, tout le monde sait que j’ai quitté le clan, certes avec la bénédiction du Vieux, mais que je ne peux plus être d’aucune utilité pour se gagner les bonnes grâces de mon grand-père. Certains m’ont carrément fermé leur porte, d’autres me prennent de haut. Je ne suis pas surpris, mais ça fait quand même bien chier, il faut l’avouer. Beaucoup attendent de voir si je vais me casser la gueule ou si je vais réussir, et je rencontre plutôt des types prêts à me mettre les bâtons dans les roues qu’autre chose. Je gère, mais je commence à me demander si ce foutu nom de famille ne va pas finir par peser trop lourd.

— Tu es un businessman prometteur, corrige Maddox. Allez, finis ton verre et viens. Pax est au cercle.

Je vide mon whisky et je remets mon masque avant de suivre Maddox à l’arrière du club. Les hommes de mains de Hunter, qui contrôlent les entrées dans la partie privée du club, saluent tous mon mec d’un air respectueux et me jettent un coup d’œil au passage. On emprunte un couloir violemment éclairé, on passe un nouveau point de contrôle et on descend dans l’antre du vice, à savoir le cercle de jeux. Là aussi, l’ambiance est joyeuse. Les joueurs sont assis avec l’espacement de sécurité entre eux, tout le monde a un masque, même si certains le soulèvent régulièrement pour pouvoir boire leur cocktail, et les croupiers portent des gants jetables.

Hunter est debout près de la roulette. Il porte son habituel costume noir sur chemise de même couleur, et son masque est noir. Seuls ses yeux sont visibles. Si je n’étais pas déjà amoureux, je pourrais avoir un coup de cœur. Hunter a l’air dangereux et il le sait, parce que c’est exactement ce qu’il est.

Il n’a pas besoin que Maddox l’interpelle pour savoir que nous arrivons. Il se retourne et nous nous faisons face. Je suis nerveux. J’aime pouvoir lire sur le visage des gens l’impression que je leur fais. Là, je dois me fier au regard que Hunter me décoche, plutôt amical.

— Venez vous asseoir, Beneventi, m’invite-t-il.

Une table est déserte et nous nous y installons. Maddox reste avec nous le temps de dire deux mots, puis nous laisse en disant qu’il doit retourner bosser.

— Je vais aller droit au but, fait Hunter. J’ai toujours pensé que vous étiez plutôt doué pour les affaires, quand vous travailliez encore pour votre grand-père.

— Merci, dis-je, hésitant à ajouter une formule de politesse.

Nous sommes en porte en faux tous les deux.

— Votre site de paris sur les jeux vidéos a bien démarré, on dirait, continue-t-il.

— Nous n’en sommes qu’au début, réponds-je, nerveux. Je sais que vous en avez créé aussi.

— C’est une nouvelle époque. Même si le confinement est en train d’être progressivement levé, on est loin d’en avoir fini avec la pandémie. Il faut penser virtuel. J’ai entendu dire que vous étiez en train d’acquérir une série d’anciens entrepôts à Brooklyn.

Je me demande si Maddox lui a parlé de mon grand projet, que je mets en place, mais que je n’ai pas encore dévoilé en dehors de ma nouvelle équipe.

— Exact. Je vais monter un ring, annoncé-je.

Je devine le sourire de Hunter sous son masque.

— Le mien reste fermé pour l’instant. Je ne veux pas prendre le risque de recevoir du public dans un lieu clos pour l’instant.

— Moi non plus, assuré-je.

Il plisse les yeux.

— Vous allez lancer quelque chose comme une chaine de télé couvrant votre ring clandestin ? demande-t-il.

— Si j’ai le financement, ce qui n’est pas encore le cas, réponds-je.

Mon cœur bat plus vite. J’ai en face de moi un type qui pèse lourd en matière de finances et d’investissements.

— Mettons que vous l’ayez, répond Hunter. Que feriez-vous ?

— Comme les spectateurs ne peuvent pas encore venir aux combats en sécurité, j’embaucherais des vidéastes capables de filmer les combats comme du cinéma, mais dans les conditions du direct. Je ferais monter la pression en diffusant des petits reportages sur les combattants, avec des interviews, des séquences de leur entrainement, le défi qu’ils lancent à leur adversaire. Tout cela, je le diffuserais gratuitement. Ensuite, il y aurait les combats, et là, il faudrait payer pour les voir, mais une somme plutôt modique. Et vous pourriez parier. Avant le combat, mais aussi pendant, pour des sommes de plus en plus élevées.

Hunter incline la tête en signe d’approbation.

— Maddox a raison, vous êtes brillant, dit-il. De combien auriez-vous besoin et quand pourriez-vous être prêt ?

Je lui donne un chiffre et une date. Hunter ne cille pas.

— Vous allez vite.

— Il le faut. Personne ne sait comment la situation va évoluer. Je veux pouvoir continuer à exploiter mon idée de vidéo même lorsque le vaccin aurait été trouvé et diffusé. Je veux que le monde entier puisse voir et parier sur ces combats.

— Vous êtes ambitieux.

— Je vois grand.

— Et le fait que tout ceci soit illégal ?

— J’ai les moyens de crypter ce qui est illégal. Les flics ou les fédéraux pourront trouver le canal, ils pourront même parier, mais ils ne pourront pas remonter jusqu’à moi.

— Vous prenez un risque, fait-il remarquer.

— Je prends un risque calculé, rétorqué-je. Il y aura toute une équipe de hackers qui va bosser pour moi et se démerder pour empêcher les flics de nous tomber dessus. Il y a des fans de MMA qui ne vivent que pour les combats. Ils sont frustrés. Depuis des mois, ils n’ont pas eu leur dose de sensations fortes. Ils vont se jeter sur ma chaine. Ils vont parier. Ils vont dépenser beaucoup d’argent pour un spectacle de qualité.

Je m’échauffe en parlant. Je sens que je suis au bord d’une association qui peut s’avérer décisive pour moi. Il ne s’agit pas de bosser pour Pax Hunter, mais de l’avoir comme investisseur.

— J’ai envie d’investir dans votre affaire. Mais à certaines conditions.

Je le laisse parler. Ce qu’il propose est correct, et il me laisse le contrôle total de l’affaire. Ce qu’il veut, ce sont des résultats. Et ce n’est pas comme dans le monde des affaires légales. Si je ne peux pas payer, je suis mort. Je le sais. Mais j’ai confiance en moi, et j’ai quand même des liquidités pour amortir.

— Deal ? demande-t-il.

— Deal.

On ne se serre pas la main, parce que les gestes barrières et tout cela, mais le contrat est conclu. Hunter se lève, signifiant que l’entretien est terminé. Il me retient cependant d’un mouvement de la tête.

— Vous avez quitté votre famille parce qu’elle vous pesait, d’après Maddox. Vous associer avec moi ne va pas aboutir à la même chose ?

Je me mets à rire.

— Oh non, aucun risque. Nous venons de conclure une relation d’affaire, Hunter, pas un mariage !

— Il vaut mieux, parce que mon mari n’apprécierait pas, sourit-il. Je pense néanmoins que cette affaire est le début d’une longue relation professionnelle, Beneventi.

— Je l’espère, Hunter.

Il me quitte sur un hochement de tête. Maddox me rejoint. Il est resté à l’écart, tournant autour des tables de jeux, présence à la fois familière et invisible.

— Alors ? demande-t-il.

— On a conclu un deal, dis-je. Tu lui en avais parlé ? De mon projet ?

— Non, répond Maddox, indigné. Je sais distinguer les affaires de la vie privée. Dis-toi bien que si Pax t’a fait une offre, c’est qu’il croit en toi et en ton sens des affaires. Ce n’est pas un sentimental.

— La perspective que ton boss me loge une balle dans la tête si je me plante et que je ne puisse pas payer n’a pas l’air de t’effrayer, fais-je remarquer.

— Pax ne te tuera pas, répond-il d’un ton léger. Il te fera bosser sous sa direction. Mort, tu n’aurais aucune chance de le rembourser.

Nous savons tous deux qu’il est entre vérité et plaisanterie. Je ne vais pas me planter. Je sais ce que je fais. J’ai dû modifier mes plans à la dernière minute à cause de la pandémie, mais tout le travail de recherche fait en amont est toujours valable.

— J’ai l’impression de voir mon grand-père en plus jeune, soupiré-je.

— Si ton père ne fait pas gaffe quand il sera à la tête du clan, Pax le bouffera en un rien de temps quand il sera à la tête du clan, répond gravement Maddox.

— Ma mère ne le permettra pas. Ma belle-sœur lui arrachera le foie à mains nues, souris-je.

— A propos de famille, dit-il comme s’il venait de se souvenir de quelque chose, j’ai reçu un texto de ma mère.

— Comment va-t-elle ? demandé-je, sachant combien Maddox s’est inquiété pour elle quand elle est tombée malade.

— Elle est en pleine forme, et son dernier test a montré qu’elle n’était plus du tout contagieuse, sourit-t-il. Du coup, elle nous invite à dîner déjeuner dimanche.

J’ouvre la bouche sous mon masque, je la referme, parce que je ne sais pas quoi dire. Nous voilà dans une nouvelle étape de la vie à deux, la rencontre avec la famille.

— Je ne sais pas trop, marmonné-je.

— Viens au moins pour la nourriture, répond-il comme si tout cela n’avait pas d’importance. Son poulet rôti et son pain de maïs sont à tomber.

— Si tu me prends par les sentiments, souris-je.

— Ne t’inquiète pas, Ash, ma mère t’aime déjà.

Je prends sa main dans la mienne. Il sait toujours trouver les mots qui me réconfortent. 

— Et moi je t’aime, dis-je à voix basse.

Il m’attire contre lui. Distrait, je manque bousculer un homme corpulent qui sort des toilettes.

— Si ce n’est pas charmant, fait le maire Hughes avec un grand sourire sous son masque. Je n’aurais jamais cru qu’un jour je verrais ce cher Maddox amoureux. Ash, je peux vous appeler Ash, n’est-ce pas ? Si vous veniez vous asseoir à ma table, nous pourrions discuter. J’ai entendu dire que vous lanciez des affaires intéressantes.

Je regarde Maddox, qui me sourit, je regarde Hunter, qui fait le tour de la salle d’un air nonchalant, et incline la tête, et j’accepte l’invitation du maire. Cette fois, je sens que j’ai définitivement quitté le clan Beneventi et que je vole de mes propres ailes.

CHAPITRE 36

Maddox

Le Vieux est mort. Il est parti paisiblement, dans son sommeil. C’est Amy qui l’a découvert et elle a appelé Ash en premier. Je l’ai pris dans mes bras tandis qu’il encaissait la nouvelle, avant de laisser couler les larmes. Il aimait son grand-père, probablement plus que ses propres parents. Le Vieux n’a pas pu réaliser son rêve de lui transmettre le clan, mais il a au moins eu la satisfaction de voir son petit-fils lancer sa propre affaire avec succès et devenir un nom qui compte dans le Milieu. Ash s’est établi à New-York, mais il est également présent à Greenville. Il retransmet les combats du ring de Pax sur sa chaine.

Avec l’autorisation de mon boss, j’ai inauguré le ring d’Ash en combattant contre son poulain, un petit jeune de vingt-deux ans qui m’a fait sentir chacune des années qui nous séparent. J’ai gagné, parce que j’ai la technique et l’endurance, mais quelque chose m’a manqué durant ce combat, et j’ai mis du temps à comprendre ce que c’était. Je n’ai plus la rage en moi. Je n’ai plus ce besoin de me battre, de cogner sur quelqu’un pour laisser sortir toute ma colère.

Je ne suis plus en colère.

C’est presque étrange pour moi de me sentir heureux. Je n’y suis pas encore habitué. Je suis toujours autant passionné par le MMA, mais de plus en plus, je joue le rôle d’entraineur. J’ai ouvert la saison pour le ring de Pax, du moins ce qui reste de la saison, mais je pense de plus en plus raccrocher à la fin de l’année en tant que combattant. J’ai beaucoup à faire pour gérer le ring Hunter, et ajouté à mes fonctions de garde du corps, mes journées sont bien remplies. Je vais continuer à m’entrainer, mais je ne me produirais plus très longtemps sur le ring. Ma soif de sang s’est apaisée.

La vie avec Ash se déroule sans heurt. Ma mère nous invite à déjeuner un dimanche sur deux. J’ai rencontré la famille Beneventi une fois, lors d’un dîner informel, mais j’ai compris que je n’y serais jamais à l’aise. Ce n’est pas ma couleur de peau qui pose problème, mais plutôt mes origines modestes et mon statut de combattant MMA. Nous ne venons pas des mêmes cercles, je ne suis pas allé à la fac et surtout, je n’ai aucune origine italienne. J’ai été accueilli avec courtoisie, voire même avec une certaine chaleur de la part des parents d’Ash, mais je sais que je ne ferais jamais partie de leur famille. Ash l’a compris aussi, et il n’a pas arrêté de s’en excuser. Comme je lui ai dit, je m’en fiche, du moment que lui est là pour moi. De toute façon, il voit très peu sa famille, depuis son départ du clan.

Le vieux Luca Beneventi m’a pris à part pour bavarder un peu, comme il l’aurait fait avec n’importe quel homme devenu le compagnon de son petit-fils. Il voulait s’assurer que j’étais bien la personne qu’il pensait, et j’ai reçu sa bénédiction pour notre couple. C’est déjà pas mal. 

En attendant qu’un vaccin permette au monde reprendre une vie normale, chacun s’adapte. Les gens portent encore des masques, il y a toujours des vitres en plexiglas dans les magasins et les embrassades sont limitées aux proches. A l’enterrement du Vieux, pourtant, il y a foule, avec toute la famille et les obligés du clan, les associés, les collaborateurs et les nombreux amis. Tout ce petit monde vient rendre un dernier hommage au fondateur et s’assurer que l’héritier, mon père, remarque leur présence. Seule une femme se tient à l’écart, tout de noir vêtu, avec des lunettes de soleil. Ash me murmure qu’il s’agit de Lea, la fille du Vieux, qui a été reniée après avoir épousé un flic. Elle reste loin de la famille, et va déposer une rose sur la tombe après que la famille ait commencé à se disperser.

Ash est pas mal entouré, et je retrouve instinctivement mes gestes de garde du corps pour faire en sorte que personne ne l’approche suffisamment pour pouvoir lui postillonner dessus. Je reste vigilant sur les possibles règlements de compte au dessus d’une tombe. Mais l’ambiance est très calme, et Ash reçoit de nombreuses cartes de visite, accompagnées de l’invitation à appeler pour parler du bon vieux temps. Ce sont autant de futurs contacts d’affaires qui se nouent, nous le savons tous les deux, et le père d’Ash le sait aussi, mais n’intervient pas. Quant à son oncle, j’ai eu du mal à le reconnaître, tant il a vieilli en quelques mois. Ses cheveux sont blancs et les rides se sont creusées dans un visage amaigri. La trahison et la mort de sa femme l’ont fauché. Ses enfants se tiennent près de lui et le soutiennent, mais je remarque qu’ils se mêlent peu avec les parents et le frère d’Ash. Le clan s’est divisé après la mort de Gina. Il n’y a pas de rancœur, seulement un éloignement, d’après mon compagnon. Je l’espère. Je n’ai pas envie de devoir le protéger contre sa propre famille.

Lorsque la cérémonie se termine, nous quittons le cimetière de Greenville et nous décidons d’aller déjeuner dans un restaurant. Il y a du soleil et du vent, mais nous décidons de manger en terrasse, histoire d’être à l’air libre.

— Pas trop éprouvé ? demandé-je tandis que nous attendons notre commande.

— Je suis triste, mais je suis serein, répond Ash. Mon grand-père a eu une belle vie, il est mort après avoir passé du temps avec sa famille. Finalement, ce confinement a été une bonne chose pour lui. Il adorait les jumeaux.

— Il t’adorait aussi, dis-je. Il t’aimait suffisamment pour te laisser partir.

— Oui. Cela n’a pas été sans mal, mais il a fini par l’admettre.

Le serveur nous interrompt, le temps de poser assiettes et verres devant nous. Ash a commandé du Chianti. Je lève mon verre.

— Au vieux Beneventi, dis-je.

— A mon grand-père.

Nous entrechoquons nos verres.

FIN

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