#RENEGADES #MADDOX #EPISODE 10

Ash

Ce n’est pas la première fois que je vais faire le mur depuis cette chambre. Adolescent, lorsque j’étais en vacances ici, je ne me gênais pas pour passer par la fenêtre et aller rejoindre des potes ou mon flirt du moment. Je ne suis jamais fait prendre. Pourtant, ce soir, je suis nerveux comme à mon premier rendez-vous.

J’ai étalé trois tenues possibles sur le lit, ce qui ne me ressemble pas, déjà, parce que je sais toujours ce que je vais porter. Là, j’hésite entre jean et tee-shirt, pantalon et chemise, ou pantalon cuir et top sexy. Je me demande ce qui poussera Maddox à m’arracher mes fringues le plus vite. Et rien que d’y penser, j’ai des frissons d’anticipation. Je suis chaud, prêt, bouillant, impatient, bref, je n’ai jamais été aussi prêt de ma vie.

Je passe la première tenue, je me regarde dans le miroir, je fais la grimace, je teste la deuxième et la troisième, ça ne va pas, je cherche autre chose dans mon placard. Je ne suis pas venu avec beaucoup de fringues, vu que je n’escomptais pas vraiment aller à un rendez-vous nocturne en catimini. J’ai quand même pris un costard, parce que le Vieux tient parfois à un certain décorum, même en famille. Lui-même est toujours en costume, même s’il remplace parfois la cravate par un foulard. Personne n’est autorisé à se relâcher à la Casa Beneventi sous prétexte de confinement. Ça pourrait être la fin du monde que grand-père nous demanderait d’être rasé de près et correctement vêtu. L’une des domestiques engagées a des talents de coiffeuse, et on passe tous sous son ciseau régulièrement.

Je finis par mettre un simple pantalon noir et une chemise en soie de même couleur. Par contre, je remplace les chaussures en cuir par des baskets noires, ce sera plus facile pour faire de l’escalade. Un peu d’eau de toilette, et je suis prêt.

J’ai tout éteint, histoire de ne pas me faire repérer. J’attends dans le noir, l’oreille aux aguets. J’entends des bruits de pas furtifs dans les couloirs, des rires étouffés, puis le silence tombe. C’est le moment. J’ouvre la porte-fenêtre, je sors sur le balcon et je la cale pour qu’elle ne se referme pas. J’enjambe la balustrade sur le côté, et je retrouve les prises familières dans la vigne vierge et la maçonnerie, comme de vieux amis qui seraient restés là pendant toutes ces années juste pour ce soir. Je me laisse glisser au sol. La remontée se fera par le même chemin. Je reste immobile un instant, écoutant et regardant autour de moi. Tout est éteint, que ce soit chez moi ou dans l’immeuble de Maddox. Soit les gens sont couchés, soit leurs stores masquent la lumière. Je me glisse à l’endroit le plus sombre du mur, et je saute pour agripper le faîte de l’enceinte qui me sépare encore de mon futur amant. Mine de rien, ça fait faire un peu de gym. Je passe le mur le plus vite possible, parce que je suis exposé, et je me retrouve dans le gazon de l’autre côté. Ce n’est que lorsque je suis devant la porte de d’entrée de l’immeuble que je texte Maddox, histoire de ne pas avoir à sonner. L’entrée se déverrouille avec un « clac » sonore, et je grimpe au premier étage. La porte à gauche s’ouvre. Nous restons immobiles un instant, puis il me fait signe d’entrer, ce que je fais. Je referme la porte derrière moi. Maddox allume une lampe.

Je suis frappé par sa présence. Je ne l’ai jamais vu que deux pas derrière Hunter, ou à distance quand il se bat dans l’octogone. Face à face, il me parait plus grand, plus imposant, plus réel. Dans la semi-pénombre, sa peau me semble plus sombre. Son crâne est rasé, comme d’habitude, et son bouc est soigneusement taillé. Il porte un pantalon de treillis noir et un tee-shirt sans manche de même couleur. Il est pieds nus.

Complètement immobile, on dirait une statue de guerrier prêt au combat. Je m’enflamme littéralement. Je devrais dire quelque chose. J’avais préparé des trucs spirituels (ou pas) à lancer pour détendre l’atmosphère, mais maintenant un simple  « hello » me semble superflu et se bloque dans ma gorge.

Je fais un pas, puis un autre. Il ne bouge pas. Je dois m’étirer un peu pour me retrouver face à face, et je me lance, le cœur battant. J’effleure ses lèvres des miennes. Le contact est aussi léger qu’une aile de papillon et pourtant, il m’électrise. Je touche son visage, du bout des doigts, comme pour m’assurer qu’il est bien réel et que je ne rêve pas. Je dépose un baiser sur sa mâchoire, puis un autre, j’embrasse sa gorge, je mordille sa pomme d’Adam avant de revenir à sa bouche. Il sourit, d’un lent sourire de fauve qui sait qu’il a capturé sa proie. Je n’ose plus bouger, fasciné par ce sourire, par son regard qui soudain se verrouille sur le mien. Je suis son prisonnier, et il le sait.

D’un geste, d’une main sur ma nuque, il me plaque contre lui. Puis sa bouche se pose sur la mienne, et sa langue exige le passage. J’entrouvre mes lèvres, vaincu, je le laisse passer, m’envahir, me conquérir et me dompter. Je l’enlace et je laisse sa langue caresser la mienne, et l’entrainer dans une danse inédite, dont lui seul connait les pas. Je le laisse me guider et me perdre. Les yeux clos, je savoure ce baiser que j’ai tant désiré. Je lui réponds de mon mieux, essayant de lui montrer avec mon corps ce que je ressens, ce que je veux, ce dont j’ai besoin. Ma peau a faim de la sienne. Je m’agrippe à son cou et je caresse sa nuque puissante. Je le veux et je veux être à lui. Mon corps est tendu par le désir qui m’a envahi. Tout mon être le réclame. Je n’ai aucun doute sur le fait qu’il le sente à travers son treillis. Son baiser devient chaque seconde plus sensuel et plus profond. Il me réclame tout entier et je me donne entièrement. Il ne me relâche que lorsque je suis à cours d’oxygène, sans même m’en être aperçu. J’halète dans son étreinte.

Maddox sourit, un sourire tendre qui fait fondre ce qui reste de mon cœur encore intact. Ses lèvres explorent mon visage, par petits baisers légers, d’abord mon front, puis mes yeux, que je clos sous la douce caresse. Il explore mes pommettes, s’attarde pour me donner un baiser sur le bout du nez, qui me fait rire, avant de taquiner ma mâchoire. Ses mains suivent le mouvement. Il apprend les contours de mon visage avec ses doigts, caresse ma bouche de son index. Je donne un petit coup de langue, et il glisse son doigt entre mes lèvres. Je lui montre ce que je peux faire avec ma bouche, comme une promesse. En riant, il retire ses doigts, mais c’est pour mieux prendre mon visage entre ses grandes mains de guerrier, comme s’il saisissait une délicate porcelaine. Il m’embrasse à nouveau, et je me perds dans la vague de sensations qui m’envahit. Ce n’est pas simplement du désir, c’est bien plus que cela, je le sais, je le savais avant même de venir ici, mais maintenant j’en ai la confirmation.

Maddox.

Mes mains ne m’obéissent plus. J’attrape son tee-shirt et je le lui enlève. Il se laisse faire avec un petit rire.

Je découvre son torse et je laisse échapper un petit gémissement. Mes mains partent en exploration, et mes lèvres ne tardent pas à suivre. Je sais que Maddox me désire autant que je le désire. Il s’est attaqué aux boutons de ma chemise, lentement, comme s’il déballait un cadeau, et il repousse mes bras pour me l’enlever. Elle tombe sur le sol, rejoignant son tee-shirt.

Nos yeux se rencontrent. Les siens sont brillants et à nouveau, ce sourire de guerrier éclaire son visage. Le sang bat à mes tempes. Il va me prendre là, contre le mur, sauvagement. Je suis prêt. Tout mon corps est prêt à pour lui. Il a un sourire de fauve qui vient de capturer sa proie et compte bien s’amuser avec avant de la dévorer. Mais avant, je veux faire quelque chose dont je meurs d’envie. Je baisse les yeux vers l’évidence de son désir, et je souris à mon tour. Je veux glisser à genoux et enfin, m’emparer de cette glorieuse virilité.

Mais Maddox me stoppe net, m’attrapant par les poignets.

— Oh, non, dit-il. Pas tout de suite, Ash Beneventi. D’abord, je vais te faire tout ce dont j’ai rêvé depuis des jours. Et je vais le faire jusqu’à tu me supplie, jusqu’à ce que tu sois à l’agonie et que tu te rendes, corps et âme.

Il se recule d’un pas et me tend la main. J’y glisse la mienne sans hésiter.

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