I’m baaackkk !!!

Moi en ce moment, ou presque

J’ai passé un bon été, et c’est tellement rare que ça mérite bien un post de blog.
D’habitude, je survis aux étés, comme je peux. J’ai horreur de la chaleur, du grand soleil, de la canicule et de tout ce qui va avec. Je me terre dans mon appart’ entre mes deux ventilateurs en comptant les jours avant la fin de ce calvaire que la plupart des gens adorent (mais pas moi, vu que je ne fais rien comme les autres).

Mes étés, habituellement

Mais cet été, surprise, bitches, il a fait un temps assez sympa (pour moi, pas pour toi, je compatis). Genre il a plu tout l’été. J’adore la pluie. Quand ça tombe sévère, qu’il drache sa mère, je suis comme ça.

Ce qui fait que cet été fut productif (quel vilain mot). En gros, au lieu de n’avoir plus que deux neurones en état de fonctionner, j’avais envie d’écrire. J’ai passé un excellent été à écrire une petite romance MM qui m’est venue comme ça, pile le 4 juillet (elle démarre d’ailleurs à cette date), sur deux jeunes (et beaux) (et sexy) hommes qui se rencontrent le jour de la fête nationale américaine (ça commence à New York). L’un manque étrangler l’autre, ça crée des liens, ils se revoient, et ils décident de partir en road trip ensemble sur la mythique route 66 (qui n’existe plus en temps que telle, mais pas grave). Alors, là, normalement, je devrais t’insérer un preview de la couv toussa, mais je ne l’ai pas pas encore (my bad, totalement), donc je vais me contenter de te mettre une zoulie image des paysages que mes deux héros, Logan et Holden, ont traversé durant l’été.

C’est l’Amérique, baby

Ce MM est garantie 100% sans bad boy, sans drogue, sans flingue, mais avec du rock’n’roll (et de la country juste parce que Logan adore faire enrager Holden), du soleil, et de l’amouuuurrr. Parce qu’au début, Logan comme Holden sont bien d’accord sur un point : ils ne veulent pas tomber amoureux, ils ne sont que le plan c* de l’autre, et de toute façon, en septembre ils se séparent et chacun son chemin. Mais bien sûr.

Au début, je l’avais intitulé « Summer Games » parce que c’est une romance d’été. Chaque été, je dis que je n’écris pas de romance, et puis début juillet, hop, je me lance. L’an dernier, ça a donné Wild Summer et ses suites. Cette année, on reste dans le Wild, puisque le titre final est Wildfire, en référence à l’intensité de la relation entre Logan et Holden et des trucs qui se passent dans le roman. C’est un one-shot.

Le roman part cette semaine en correction, ce qui fait que tu devrais l’avoir vers le 20 septembre. Tu remarqueras que je suis plus précise qu’avant sur les dates. J’ai pris des bonnes résolutions cet été. Ne pas tout faire à la dernière minute. Ne pas envoyer un roman à ma correctrice en lui demandant de le me le rendre hier. On croise les doigts pour que je tienne ce rythme.
Alors, impatiente de découvrir Logan et Holden?

Partir en vrille et redresser au dernier moment

Hello la #TeamChats

Oui, comme d’habitude, cela faisait longtemps que je ne n’étais pas venue taper la causette. Attention, ça va long, il va y avoir des moments tristes, mais je te promets que ça se finit bien.

Ces dernières semaines, j’ai tout envoyé balader pour mieux me concentrer sur mon objectif, la One Thing que tu dois faire en priorité, mon roman, le T3 de Reyes & Knight, Mortal Spring, bientôt sur Amazon.

Il faut te dire que j’ai frôlé le crash. Si tu veux une idée, c’est à peu près comme ça que je me sentais :

Comme tu le sais déjà (ou pas), j’ai des TAC (et même des tics tacs, mais c’est une autre histoire). Des troubles de l’anxiété chroniques. Je fais des crises d’angoisse, toussa, depuis que je suis adulte. Du coup, je prends deux médocs depuis plus de vingt ans pour remédier à ce léger souci. Un anxiolityque (que je viens de googler l’orthographe, depuis tout ce temps, je ne me rappelle toujours pas le nombre de y et s’il y a un h ou pas) ; et un somnifère. Oui, je sais, c’est très mal, je devrais m’en sortir sans ces vilaines drogues avec du yoga, de la méditation transcendantale, des fleurs de Bach, des tisanes, un psy et un gourou à qui je donnerais tous mes revenus d’autrice (le pauvre, il ne fera pas fortune) Tu crois sérieusement que je n’ai pas tout essayé, en trente ans? J’ai raconté ma vie à des psys, avalé des tisanes dégueu, failli me démonter la colonne en posture yogaesques et rien. Le seul truc qui fait effet et me permet de vivre à peu près normalement, c’est mes médocs. Je suis née comme ça, anxieuse (merci qui? Mes parents, bien sûr, eux-mêmes de grands anxieux).

Or, donc, un beau week-end de septembre, je me suis retrouvée en rade de somnifère. Genre, plus rien, nibe, wallou, j’ai retourné tout l’appart sans trouver un demi-comprimé tombé entre les coussins du canapé. Vu la classe de médicaments, on ne peut l’avoir qu’avec une ordo certifiée de ton médecin, un serment d’allégeance à la pharmacie où tu l’achètes, ta signature avec ton sang et un certificat de bonne conduite de ta concierge. Inutile de te dire d’un week-end, dans une pharmacie qui ne te connait pas, c’est mort. Furax, je me suis dit que j’allais m’en passer une bonne fois pour toutes, non mais ! (oui, j’ai un fichu caractère, certifié tête de mule).

J’ai réussi. J’ai retrouvé un sommeil à peu près convenable (genre je suis tombée d’épuisement après plusieurs nuits d’insomnie). Alors qu’entre temps, j’avais mon ordo et ma petite boite de comprimés, donnée avec suspicion par mon pharmacien habituel qui m’a réinscrite dans son registre des Drogués Légaux.

Je dormais mal, j’avais des insomnies qui me permettaient d’aller faire des coucous sur Twitter à d’autres insomniaques (Tokoshan, si tu me lis…), mais je m’obstinais (je suis têtue, je rappelle). En novembre, deux mois après mon sevrage, l’événement littéraire de l’année a commencé, le Nanowrimo. Le mois où tu abandonnes toute vie sociale (ce qui cette année n’a rien changé) pour écrire 50 000 mots en trente jours. Là, je me lance en me disant que c’est l’opportunité pour écrire Lucky Chance, le spin-off de Chastity Houston. Lucky, dans ma tête, est une Petite Sorcière Pétillante (me le piques pas, c’est déposé). Fin novembre, après un mois où j’ai fini sur les dents, j’avais un roman. Je me suis carrément fait peur quand je l’ai relu le mois suivant. Adieu, la PPS (petite sorcière etc), bonjour une romance paranormale sombre, presque tragique, en tout cas, très très loin de ce que je voulais écrire et de ce que j’écris d’habitude.

Tu ne liras jamais cette histoire, je refuse de publier un truc pareil. Ce n’est tout simplement pas moi. J’ai donc décidé de dissoudre l’Assemblée… non, c’est pas ça (les vieux comprendront). J’ai donc décidé de laisser tomber et de me mettre à l’écriture du tome 2 de Reyes & Knight. Sauf que je galérais pour écrire régulièrement et suffisamment. Genre, j’étais tout le temps fatiguée et démotivée. Entre temps, j’ai passé de supers fêtes de fin d’année, avec mes potes, en gueulant « bonnanée » complètement bourrée. Non, je me trompe d’année. C’était en 2019. En 2020, c’était pourri, je n’ai rien fait, comme une bonne partie du monde. Ça ne m’a pas aidée à remonter la pente. Je sentais que je partais en vrille, et que je n’allais pas tarder à me crasher. Excuse mes métaphores aéronautiques, j’ai grandi dans ce rêve de gosse (et toc, madame de Poitiers).

Le pire, quand tu pars en dépression, c’est que tu ne t’en rends pas vraiment compte. C’est un peu comme la grenouille dans la casserole d’eau qui chauffe. Jusque là, tout va bien. J’ai un peu chaud, mais ça va. Moi, j’avais le moral à zéro, mais comme tout le pays, voir le monde, et je laissais aller plein de trucs. Je me cramponnais à l’écriture, mais j’y arrivais de moins en moins. Extérieurement, tu avais au contraire l’impression que j’allais bien, parce que j’en rajoutais une couche sur les réseaux sociaux, et que j’ai créé une newsletter (je sais, je ne l’utilise pas beaucoup), et plein d’autres trucs pas finis (my bad).

Et puis un jour de mars, l’illumination. Au nom de la bière, de la tarte flambée et du kouglof, amen. (ne le prends pas au premier degré, tu veux bien?)

J’avais un rendez-vous, ce jour-là, et je ne pouvais pas le manquer (non, pas galant, ne rêve pas). Avec mes insomnies répétées, j’étais capable de ne pas entendre mon alarme n°1, ni la n°2 (dix minutes plus tard) ni le snooze, ni les miaulements du chat réclamant à manger (alarme certifiée efficacité 99%). J’ai donc pris un somnifère. Et là, miracle. Non seulement, j’ai dormi comme un bébé, mais je me suis réveillée en forme, horrifiée par l’état de l’appartement (non, pas encore C’est Du Propre, quand même, mais franchement en bordel). Je vais à mon rendez-vous, et je ne prends pas de somnifère le soir. Insomnie. Je craque deux jours plus tard. Je dors à nouveau comme un bébé, et surtout, je me lève en ayant de l’énergie, l’envie de faire quelque chose d’autre que d’aller me recoucher, et de bonne humeur.

Muffin, mon golden retriever arrivé en novembre, ne m’a pas reconnue. Il a fallu que mes autres chiens lui disent que c’était mon état normal, la fille qui chantonne Game of Thrones en préparant son café (purée, je ne sais toujours pas si c’est le jeu des trônes ou les jeux du trône, ce qui in French, peut avoir un autre sens si tu as un humour spécial). Quoi, je l’aime bien cette chanson du Red Wedding, elle est jolie, je trouve.

Et c’est là qu’en parlant avec une amie (via Twitter, histoire de respecter les gestes barrières), j’ai compris que mes ennuis venaient de mon mauvais sommeil depuis septembre. Il m’a suffi d’un mois sous somnifères pour retrouver ma bonne humeur, mon moral, ma joie de vivre, mon envie de buter des gens quand on m’énerve, bref, d’être à nouveau moi-même.

Le médecin qui m’a prescrit à la fois un anxiolytique (j’ai bon?) ET un somnifère il y a des années de cela savait ce qu’il faisait. Depuis début mars, je reprends donc mon somnifère, je râle à nouveau contre les ordonnances certifiées (déjà que je n’aime pas la paperasse), mais je vais mieux. J’ai rangé mon appart, ce n’était pas du luxe. Je réussis à écrire à nouveau régulièrement, et à faire souffrir mes héros avec plaisir (je vous ai dit que j’étais sadique?)

Tout cela pour vous dire que si, ces derniers mois, je n’ai pas écrit autant que je l’espérais, autant que je le voulais et vous l’avais promis, j’avais un mot de mon docteur. Je faisais une petite dépression. J’espère que c’est à peu près fini. Je vois vraiment la différence. Je ne dis pas que c’est la joie, on est à nouveau en confinement qui ne dit pas son nom, c’est le bordel pour les vaccins (je fais partie des chanceux qui ont eu une dose d’AZ et ignorent complètement ce qui va se passer pour la 2è dose, et surtout quand), mais j’ai repris ma vitesse et mon altitude de croisière.

On y croit !

(promis, j’arrête avec les avions).

Quand Morning Routine rime avec Muffin

Pendant longtemps, je n’ai eu qu’une seule morning routine. Tu la connais aussi. Celle qui consiste à se réveiller en sursaut lorsque l’alarme sonne, parce que tu dormais d’un sommeil profond et que tu es encore fatiguée. La faute à la série Netflix que tu as bingewatchée jusqu’à pas d’heure la veille. Tu te rallonges en mettant le snooze, tu te rendors vaguement, pour te réveiller en sursaut à nouveau et te lever dix minutes après l’heure limite pour te préparer sans être en retard. Tu te rues à la salle de bain pour te réveiller un peu. Tu évites de croiser ta tête de zombie dans le miroir. Tu notes de réserver dix bonnes minutes à ton maquillage. Tu fonces à la cuisine pour le seul bon moment de cette morning routine : ton petit-déj. Tu savoures ton café et tes tartines, le regard dans le vague. Ou alors tu scrolles, l’oeil vague, sur ton feed Instagram, voir ce que font les autres, forcément plus glamour que toi, coincée dans une cuisine à l’air glauque sous l’éclairage électrique de sept heures du matin.

L’estomac plein, tu fonces te brosser les dents, puis tu repasses dans ta chambre, où tu ignores stoïquement l’appel de ton lit, que tu n’as pas le temps de faire. Tu n’as naturellement pas préparée ta tenue la veille au soir, parce que tu es une flemmarde de première, comme 90% de la population, sauf ta belle-mère et tes meilleures copines. Tu ouvres ton armoire, ta commode, et tu cherches frénétiquement un haut qui aille avec le bas. Tu as depuis longtemps renoncer à assortir tes sous-vêtements. Du moment que c’est propre et pas trop vieux, ça va. Tu voudrais bien mettre un petit truc pimpant qui souligne ta brillante personnalité, mais tout ce que tu as dans tes armoires est beige, gris, noir ou de couleur et forme qui n’iront pas avec ton taf. Tu paniques. Tu aurais dû partir il y a cinq minutes, et tu es toujours en culotte dans ta chambre. Heureusement que tu prends ta douche le soir, sinon tu irais au taf en étant crade. Tu as un moment de désespoir devant le bordel qui règne désormais dans ta chambre. Il faudra encore ranger ce soir en rentrant. Tu lances une muette prière à Marie Kondo pour qu’elle t’aide. Tu promets que tu liras son livre, qui traine depuis six mois sur ta table de nuit (cadeau de ta mère, la perfide). Tu rangeras ton armoire, ton appartement et même ta salle de bain suivant les préceptes japonais, et tu deviendras une adepte du minimalisme. Promis-juré, tu vas te convertir et allumer chaque soir une bougie parfumée en méditant pour remercier Ste Marie, reine des tee-shirts pliés en trois (tu n’as jamais compris comment on faisait).

En attendant, tu enfiles les premiers trucs qui te tombent sous la main et tu vas te maquiller. Tu n’as pas le temps pour un rituel du matin pour ta skin care. Tu appliques une BB crème direct sur ta peau, tu tartines le dessous de tes yeux d’anticernes et tu estompes autant que tu peux, avec tes doigts parce que ton blender a disparu (tu soupçonnes le chat). Tu mets des fards un peu au hasard, jusqu’à avoir une tête potable. Tu es aussi maquillée qu’une voiture volée, ou que durant ton adolescence, quand tu pensais que tu ne pouvais jamais porter trop de maquillage. Et puis tu pars en courant, en enfilant ton manteau dans l’escalier. Tu cours jusqu’à l’arrêt de bus en te tordant les chevilles à cause de tes talons. Tu te jettes sur le dernier siège de libre, en sueur, en retard, et déjà épuisée. Ou alors tu te mets au volant, en te disant qu’en roulant serré tu peux encore arriver à l’heure. Sauf qu’évidemment tout le monde a décidé de te pourrir la vie et tu te retrouves derrière des mamies qui roule à trente à l’heure. Résultat, tu es coincée dans les embouteillages de tous les gens qui, comme toi, se sont levés à la bourre (la faute à Netflix). Tu te promets que ce soir, tu te coucheras tôt, que tu dormiras tes huit heures pour te réveiller une demi-heure avant l’heure limite, et prendre ton temps, voire même faire un peu de yoga avant de préparer.

Ce que tu ne feras pas. Cette morning routine durera jusqu’à ta retraite.

Young beautiful latin business woman overwhelmed and tired holding a help sign. looking Stressed, bored, frustrated, upset and unhappy at work. business frustration concept.

Même si je travaille depuis la maison, vu que j’écris, j’ai eu cette même morning routine. Je mettais mon alarme à des heures déraisonnables vu que j’éteignais ma lampe six heures avant mon réveil programmé, alors que je sais que j’ai besoin de sept heures minimum. Je me dépêchais d’avaler un petit déj pour me mettre immédiatement derrière mon clavier, comme le recommandent beaucoup de morning routines sur You Tube. Je me culpabilisais de ne pas écrire une heure dès le matin, alors que j’étais censée être en forme, fraiche et dispo, mes capacités intellectuelles à leur maximum.

Problème, je ne suis pas et n’ai jamais été du matin. Ma mère m’avait même offert une tasse Betty Boop qui le disait. Je n’ai jamais été du matin. Je suis du soir, voire de la nuit. L’avantage quand tu bosses chez toi à ton compte, c’est que tu peux faire comme tu veux. Mais il y a une chose qui ne change pas : tu as besoin de sommeil.

C’est alors que j’ai réalisé que j’avais le choix. Si, je t’assure. Je suis championne pour me stresser toute seule. Je me suis demandée pourquoi je m’infligeais cela. Je suis mon propre boss. Je sais que ce n’est pas le cas de la majorité des gens, malheureusement. J’ai appris à m’écouter. Je suis de la nuit, comme une respectueuse. J’ai cessé de mettre des alarmes que je suis incapable de respecter, de vouloir me lever à des heures impossibles et surtout, d’écrire dès le matin. Je ne suis pas fraiche, le matin. J’ai besoin de temps pour me mettre en route. Si je dois aller faire des courses, je préfère les faire dès que je suis levée, et avoir tout le temps pour écrire ensuite. Chacun ses routines.

Le matin, je me lève désormais quand j’ai fini de dormir. Tu ne peux pas savoir comme ça fait du bien, de se réveiller sans alarme, et de se dire que la journée qui commence sera forcément pleine de fun (sauf si tu dois remplir des papiers administratifs). Je ne serais jamais une couche-tôt, mais je ne passe plus mes nuits à bingewatcher une série ou scroller les réseaux sociaux. Je ne joues plus pendant des heures à Manor Matters (mon Candy Crush à moi). Je commence par un câlin de mes potichiens, qui sautent sur le lit pour venir me dire bonjour. Je les gratouille, les chatouille et les bisouille. Ensuite, je regarde rapidement mon téléphone pour connaître les dernières conneries de nos politiques, les frasques des stars, quel acteur que j’aimais bien est mort (c’est l’inconvénient de vieillir, toutes tes idoles de jeunesse qui avaient vingt ou trente ans de plus que toi tombent comme des mouches). Mais ne comptez pas sur moi pour lire un article profond ou whatever. Je ne scrolle pas sur les réseaux sociaux, je ne regarde pas mes emails. Ils peuvent attendre. Je regarde juste l’essentiel, comme j’écoutais les infos sur mon radio-réveil au siècle dernier. Puis je vais me rafraichir, avant de m’attaquer au masterpiece de ma morning routine, à savoir le petit déj, que je savoure tranquillement, sans téléphone, sans télé, sans rien, en savourant l’instant (et mes tartines).

Et c’est là qu’entre en scène le nouveau pilier de ma morning routine. Il a quatre pattes, une queue touffue, de bons yeux, et il est impatient de te faire un câlin. J’ai nommé Muffin, le seul et unique.

image d’illustration

Au lieu de me jeter sur mon PC pour écrire ces fameux 5000 mots quotidiens que je n’arrive pas à atteindre, je passe un jogging et je vais promener Muffin. C’est un golden retriever de deux ans, il a donc besoin de longues promenades pour se dépenser et jouer. Et c’est cela qui me met en forme. Je ne vais pas te vanter le sport le matin, je n’ai jamais été adepte. Mais je vais te vanter la promenade avec un chien en forme qui galope joyeusement dans le parc et attend que tu joues avec lui. Qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente (j’aime pô le vent, mais passons), passer une heure avec mon grand chien tout fou me fait du bien. Je redeviens une gosse durant la récré. Je jette les baballes, je rigole, je marche vite, je lui cours après. Même si j’ai un rendez-vous, je prends le temps de le promener et de jouer avec lui. Muffin est toujours partant. Lorsque je rentre, je suis en sueur, échevelée, les joues rouges, mais je me sens bien. Je n’ai pas perdu une heure, j’ai gagné une bonne dose d’endorphines. C’est seulement ensuite que ma journée commence vraiment. Là encore, je me laisse le choix. Je peux me mettre à écrire selon les notes prises durant la nuit (sache que mes meilleures idées me viennent à quatre heures du matin, lorsque je commence à penser à éteindre). Ou bien je peux aller à un rendez-vous, ou tout simplement décider que cela fait longtemps (une semaine, top) que je ne suis pas allée à la librairie, mon Breakfast at Tiffany’s à moi.

Et là, je te vois venir. Tu vas me demander comment tu peux appliquer cela, toi, qui doit aller bosser en usine/au bureau ? Tu as des horaires, un patron vache, un salaire à gagner (moi aussi, tu sais, si je n’écris pas, je ne suis pas payée). Ce que je veux te dire, c’est qu’il est important de commencer ta journée par quelque chose pour toi. Un moment à toi, comme promener ton chien pour le plaisir (pas pour ses besoins uniquement), ou méditer, ou faire du yoga, ou quoi que ce soit pour toi. Et cela implique que tu te couches un peu plus tôt. Quoi ? Non mais, tu rêves ! Et mon Netflix ? Et Candy Crush ? Le soir, c’est le seul moment où tu as un peu de temps libre, tu ne vas pas te coucher, non mais !

Si. Je suis désolée, je n’ai pas d’autres solutions. Tu regardes un ou deux épisodes, mais pas la saison entière (tu gardes ça pour le week-end). Tu te t’autorises une ou de parties de Candy Crush, pas plus. Et surtout, tu vires les réseaux sociaux, qui sont encore plus chronophages que ne l’était la télé de papa. Je ne me mets pas au-dessus du lot, j’ai encore du mal à ne pas y passer tout mon temps. C’est addictif, parce que cela a été conçu pour l’être. Tu regardes les feeds les plus intéressants (le mien, par exemple, triple LOL), tu fais une sélection des feeds qui te font réellement du bien (des jolies photos, des photos de chatons) mais tu évites de scroller comme les vaches regardent passer les trains (je ne t’insulte pas, je l’ai fait aussi). Et tu te réserves une heure rien qu’à toi le matin. Tu mets ton alarme, mais l’idéal est que tu te réveilles avant qu’elle ne retentisse. Et ensuite, l’heure est à toi. Tu peux simplement aller te promener, surtout que le printemps arrive. Tu peux sortir ton chien, faire du sport dans un parc, méditer, ou simplement lire. Ou peindre. Mais cette heure-là est précieuse. Elle va déterminer toute ta journée. Elle va te mettre de bonne humeur, te détendre. Quoi qu’il arrive dans ta journée, tu as eu cette heure à toi.

Je ne dis pas que cela a été simple à mettre en place. C’est de la discipline et c’est un mot dont j’ai horreur. Mais j’en avais assez, alors que je suis à mon compte, de me lever en manque de sommeil, d’être grognon, de me retrouver devant mon PC sans être capable d’écrire, juste parce que ce n’était pas le bon moment de la journée. L’écriture doit rester une joie, mais je t’en parlerais dans un autre post. Du coup, j’écris après la promenade de Muffin, lorsque je rentre des courses, de la librairie, avant de dormir. Et je tiens mes quotas (même si je n’arrive toujours pas à ces mythiques à ces 5000 mots par jour). Mes romans avancent. Et je suis quand même bien plus détendue.

Et toi, quels changements as-tu envie d’apporter dans ta morning routine ?

Lucky retardée, mais Rafael et Drake avancés

Quand je dis que je suis nulle en planification, je ne plaisante pas. Histoire que ma correctrice ne s’arrache pas les cheveux en se demandant quand j’allais lui envoyer 80 000 mots à corriger pour la veille (ma spécialité), j’avais décidé que je finirais l’écriture de Dangerous Winter (Reyes & Knight T2) puis que j’enchainerai en relisant le T1 de Lucky Chance (urban fantasy).

J’ai fini et publié Dangerous Winter, yeah, happy me, et merci Emilie pour avoir corrigé dans les temps. Mais en relisant mon premier jet de Lucky Chance, j’ai compris que je ne voulais pas publier ce texte. C’est sombre. C’est même plus que sombre, c’est carrément dark, et c’est plus de la romance paranormale que de l’urban fantasy. J’ai une idée assez précise de qui est Lucky, et ce n’est pas l’héroïne que j’ai écrite durant ce NaNo du doom. J’avais grave le seum en novembre, et cela se voit dans mon texte. Alors que j’aime écrire du léger, avec de l’humour, même si l’histoire derrière est en béton. Je ne veux pas de tragique.

Je mets donc cette histoire de côté. Ce n’est pas la Lucky que je voulais écrire, et il me suffira de renommer l’héroïne et de changer deux ou trois choses pour avoir une romance paranormale dans le monde de Chastity Houston (dont l’intégrale va avoir une nouvelle couverture, je dis ça, je dis rien). Mais Lucky Chance verra le jour plus tard, au printemps, et elle sera telle que j’ai voulu la créer dès le départ. Une pétillante petite sorcière dont vous aurez envie de lire les aventures pour passer un bon moment de détente, et pas une histoire d’amour tragique. J’efface tout et je recommence.

Comme cela va prendre du temps, je vais reporter l’écriture de Lucky pour me mettre directement à la suite et la fin des aventures de Reyes & Knight, Mortal Spring. Je viens de sortir le T2, qui est disponible chez Amazon, comme d’habitude, en ebook et bientôt en broché. Je te mets la couv pour te donner envie, parce que moi elle me fait craquer (signée Francessca PR & Design, comme d’habitude).

Mortal Spring sortira donc en mars, si j’arrive à écrire beaucoup et régulièrement, ce qui est un challenge, comme d’habitude. Je suis incapable d’être régulière. Je peux tomber 5000 mots un jour, et stagner à 500 mots le lendemain. Je n’ai rien d’une machine à écrire, et si je me force, c’est mauvais.

Histoire de rassurer tout le monde, Mortal Spring, malgré son titre, ne verra la mort d’aucun personnage principal. Comme pour tous mes romans, il y a une happy end garantie (ou alors je rembourse) pour le couple principal de mon roman. Vous avez l’assurance que Rafael et Drake finiront ensemble, en bonne santé (j’allais écrire « et vivants », mais l’un implique l’autre) et heureux de leur nouvelle vie. Dans un monde incertain, je suis super fière de vous offrir une certitude.

Hello 2021

Je n’ai pas fait de bilan pour 2020, tellement cette année a été WTF. J’ai peu écrit, finalement, mais il y a une chose qui a été formidable, c’est que mes lecteurs et lectrices m’ont suivie à chaque sortie, et m’ont réellement boostée avec leurs gentils commentaires. Et j’en avais vraiment besoin. J’ai eu un gros coup de blues en fin d’année, déjà un peu de déprime saisonnière, mais aussi l’ambiance générale. Je vis à Strasbourg, la capitale de Noël, et cette année nous n’avons pas eu de marché de Noël, il n’y a eu pas de touristes, pas d’ambiance bonne enfant typique de cette période. Je n’aurais jamais cru dire cela, vu que le marché de Noël est aussi le moment où le centre ville est impraticable pour les locaux (on râle beaucoup), mais cette ambiance m’a vraiment manqué. Et puis il y a eu cette menace du reconfinement, les chiffres qui sont mauvais et l’impression qu’on ne va pas s’en sortir.

Du coup, je n’étais pas présente sur les réseaux sociaux, parce que je ne me sentais pas de partager mon seum et de le répandre autour de moi.

Cela s’est ressenti sur mon écriture. J’ai terminé le premier tome de Lucky Chance, ma nouvelle série d’urban fantasy, mais je ne l’ai pas envoyé en correction tellement je l’ai trouvé sombre. Or, je veux que mes séries dans ce genre (et mes romans en général) aient une bonne dose d’humour. J’ai donc mis Lucky en attente, je vais retravailler le manuscrit fin janvier pour le rendre plus light, plus marrant, et lui donner le ton qui était prévu dès le début. J’espère pouvoir vous présenter ma nouvelle héroïne en février.

Heureusement, le fait de passer à une nouvelle année m’a remonté le moral. Non, je n’ai pas fait la bringue. J’ai fêté 2021 en compagnie de ma famille à quatre pattes. J’ai mis en place une nouvelle morning routine, dont je vous parlerais dans mon prochain post. Et j’ai recommencé à écrire avec enthousiasme le T2 de Reyes & Knight. Ce tome est entre les mains de ma correctrice et sera publié fin janvier. La couverture est prête et je peux vous dire qu’elle déchire.

Non, ce n’est pas la nouvelle cover, qui sera dévoilée sur ma page autrice Facebook et sur Insta, mais celle du T1 😎

Et breaking news, Reyes & Knight aura trois tomes ! Vous vous rappelez comme je suis partie pour un one-shot cet été, genre allez, une petite romance d’été entre un chef de gang latino de L.A. et un shérif du Colorado ? Et bien j’en suis à planifier le T3, parce que je veux écrire leur histoire depuis leur rencontre jusqu’au happy end quand ils seront installés ensemble .Or, deux tomes ne suffisent pas. Donc, après Wild Summer (déjà dispo), après Dangerous Winter (parution fin janvier, un peu de patience, il arrive) il y aura Mortal Spring (parution… aussi vite que je pourrais l’écrire et Emilie le corriger, on va dire fin mars / début avril).

Et oui, le T2 d’Outsiders, s’il est retardé, est toujours d’actualité et suivra Mortal Spring.

Et vous, qu’avez-vous prévu pour cette année ? Partagez vos super projets !

Quand ça bugue, reboot le système



A nouveau, shame on me, je n’ai pas posté depuis longtemps. Il faut dire que septembre a été mouvementé, octobre a été occupé et novembre confiné (yes, t’as vu je fais des rimes, chuis trop forte).


Résumons : en septembre, j’ai arrêté un somnifère que je prenais depuis des années (longue histoire) et forcément, la chimie de mon petit cerveau a été bouleversée. Du coup, j’ai traversé une crise existentielle majeure. Et si je n’arrivais plus à écrire parce que je n’arrivais plus à imaginer des histoires? Genre j’ai fait ça toute ma vie, et là, brusquement, ça s’arrêtait ? Après avoir frôlé le désespoir et envisager l’overdose de chocolat, j’ai fini par retrouver un certain équilibre, mais cela a été long. Je peux à nouveau imaginer, yeah, et écrire, yeah again. Mon inner!autrice is back, baby.

En octobre, avec de projets en tête, c’est la life elle-même qui s’en est mêlée, mais d’une façon très sympa. J’adore les chiens (quoi, tu ne savais pas? ) et j’ai toujours rêvé d’avoir un golden retriever. J’ai déjà deux petits chiens, que j’adore, et j’ai eu vent d’un golden de 18 mois qui cherchait une nouvelle maison. J’ai aussitôt bondi (sur mon téléphone) et harcelé envoyé des messages aux propriétaires. Et Muffin, my beautiful, est arrivé mi-octobre, juste avant qu’on soit reconfiné. Mais 18 mois, pour un chien, c’est l’adolescence, du coup, j’ai été très occupée à rendre mon appartement golden-proof, à lui apprendre les bases (on ne mange pas les livres, les chaussettes, ça peut se négocier), à lui donner confiance aussi, parce que la pauvre bête était traumatisée par ce qu’il avait vécu (ne vous engueulez jamais devant vos enfants et vos chiens).


Puis est venu le reconfinement. Adios mes projets de faire le Nanowrimo (écrire 50 000 mots en un mois) avec plein de write-ins (sessions d’écriture où tu rejoins des potes dans un café pour écrire un maximum de mots), bonjour le virtuel, un poil moins stimulant. En plus, entre mon imagination qui avait encore des couacs et Muffin qui m’occupait pas mal, je n’ai pas eu le temps de préparer quoi que ce soit.


Je me suis donc lancée dans ma nouvelle série d’urban fantasy, Lucky Chance, à la one again, à la YOLO, en jardinière totale (les auteur.ices savent). Zéro plan, je savais vaguement où j’allais, mais alors très vaguement. D’où gros bazar et gros retard. Et grosse fatigue aussi, une semaine d’arrêt pour reprendre des forces. En plein nano, je ne conseille pas. Je vous reparlerai de Lucky et de tout ce qui a découlé de son écriture (toujours en cours).

Il est clair que je n’aurais pas fini fin novembre, et que même en décembre ce sera juste. J’aime vivre dangereusement, genre soumettre un manuscrit à ma correctrice en lui demandant si elle peut me le faire pour la veille, mais cette fois, je vais être réaliste et planifier une sortie en janvier.


Parce que je veux aussi écrire ma traditionnelle petite nouvelle de Noël, en MM, avec un couple que les lectrices connaissent déjà. Pax s’est excusé. Il est possible qu’il doive passer Noël avec belle-maman et il n’est pas encore remis de leur cohabitation pendant le confinement, du coup il cherche des solutions pour échapper à la redoutable maman de Nate autour du sapin. Nate n’est pas franchement enthousiaste non plus, il aime bien ses parents, mais il préfère Pax tout nu avec juste un ruban cadeau sous le sapin. Ce sera donc un autre couple. Et une surprise. (Ste Rita, patronne des causes desespérées, envoie-moi un retourneur de temps, merci, bisous).


Et je veux aussi faire un gros concours de Noël, comme j’ai fait pour Halloween. Un concours pour remercier tou.te.s les lectrices et les lecteurs qui m’ont soutenue cette année, qui ont été là avec leurs petits mots sous mes posts et leurs coms sur Amazon. Seulement un concours ça se prépare, et je vais devoir faire ça à l’arrache, comme d’habitude. Un jour j’apprendrais à planifier et à tout préparer à l’avance, comme dans les vidéos YT des coachs en organisation. Un jour. Le concours se tiendra sur ma page autrice FB et devrait être posté le 1er décembre (croisez les doigts) et le gagnant recevoir son paquet juste à temps pour les fêtes (croisez les doigts de pieds)


Et là, j’entends vos questions. Et Rafael et Drake? Ils sont marqués en gros et en rouge dans mon Bujo, dans la case mega-important et mega-urgent. Pour Dangerous Winter, la suite de Wild Summer, je sais où je vais, je sais ce qu’ils vont vivre et j’avance en terrain connu, ce sera donc plus rapide que Lucky. La sortie est toujours prévue en janvier (là, ma correctrice est en train de s’arracher les cheveux tout en fulminant, prête à dégainer un message me demandant si je la prends pour Wonder Woman. Réponse courte : oui).


Je vais essayer de vous parler de plus en plus via ce blog. J’ai du mal avec les réseaux sociaux. J’adore y être et parler avec les lecteur.ices et les copines autrices (et copains auteurs), mais c’est grave chronophage (la fille qui redécouvre la roue en 2020) et entre Muffin et tous mes projets, j’ai de moins en moins de temps. Donc, blog. Pour 2021, ce sera notre point de rencontre. Vous pourrez toujours commenter sur Facebook, Twitter et Instagram (si j’arrive à y poster mes entrées de blog) mais ce sera plus facile pour moi de voir tous vos coms à partir d’un article, au lieu de posts random.
On se dit à bientôt ?

(note: à part la cover de Wild Summer, toutes les photos de cet article sont des photos d’illustration. Vous pouvez voir Muffin sur mon Insta ou sur mon FB).

Update de rentrée

Je n’ai pas posté depuis fin juin, shame on me ! J’espère que vous avez toutes et tous passé de bonnes vacances. Les miennes ont été reposantes, même si j’en ai profité pour commencer l’écriture d’un roman de SF. Je ne peux jamais rester trop éloignée d’un clavier. Je suis une addict de l’écriture (et du café, mais c’est une autre histoire).

Pour celles et ceux qui me suivent depuis maintenant quelques années, vous savez que je suis la reine de la planification, des dates de parution précises, du plan de roman, du plan de carrière, de vie… Non, je plaisante ! J’y vais à l’impro totale, en mode YOLO, en suivant mes envies et mon inspiration. Quand je peux dire trois mois à l’avance ce que je vais écrire et publier, c’est que je me suis vraiment organisée. Croyez-le ou pas, c’est le cas pour cette rentrée. A peu près.

Dans quelques jours, je vais publier le 4è et dernier tome de #Renegades consacré à #Maddox, que vous avez pu lire dans une première version totalement safe sur ce même blog pendant le confinement. J’ai fait un cover reveal sur les réseaux sociaux ce week-end, et je crois que les lectrices et lecteurs ont craqué comme moi sur la couv créée par ma talentueuse illustratrice, Francesca Wingfield.

Fin septembre ou début octobre, vous pourrez découvrir ma romance de l’été ! J’assume complètement le fait d’être complètement décalée dans les dates. J’ai commencé en juillet un projet que je pensais être juste une petite histoire d’été, avec un shérif et un bad boy latino, perdus au milieu des montagnes du Colorado. Mais comme d’habitude, mes personnages n’en ont fait qu’à leur tête, et se sont révélés bien plus complexes à écrire que je ne l’avais présumé. D’où le fait que cette romance paraisse au début de l’automne pour le premier tome. La couverture est faite, et je continue à travailler sur le texte nuit et jour (surtout la nuit d’ailleurs, vu mes horaires décalés) pour vous présenter Reyes & Knight T1, Wild Summer, le plus vite possible.

Et c’est là qu’arrive le bug dans ce beau planning. Vous vous doutiez bien que je n’allais pas vous dérouler un prévisionnel tout beau tout propre ? Pour le troisième roman de cet automne, j’hésite entre deux options. L’une d’elle est le premier volume d’une série de polars MM avec un zeste de paranormal, dont j’ai écrit la première version back in 2016. Je l’ai repris, réécrit, puis à nouveau laissé tomber parce que quelque chose ne collait pas. Je ne savais pas quoi. Et puis, illumination (non, pas après un Mojito, après un thé aux épices), j’ai trouvé ce qui clochait. Je sais maintenant ce que je dois réécrire pour que l’histoire se déroule comme je le souhaite. Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, j’avais parlé de ce projet sous le nom de Pacte avec les ombres. Cela fait déjà un moment que je veux lancer une série comme celle-ci, et vu l’un des points de l’intrigue, c’est now ou never.

En plan B, j’ai le second volume de Outsiders, dont vous avez déjà pu découvrir le premier opus, Markus (t’as vu, je fais des rimes sans le faire exprès). Le second volume est prévu pour cet automne, mais je ne pourrais pas tout caser dans mon emploi du temps. Surtout que j’aimerais écrire le premier volume d’une nouvelle série d’urban fantasy, pour succéder à Chastity Houston. J’ai le pitch, j’ai les personnages, mais je n’ai pas de retourneur de temps, à mon grand regret. Je vais finir par jouer ça aux dés.

Et bien sûr, il y aura une petite romance de Noël sous forme d’une nouvelle. Et oui, je sais déjà quel couple passera le réveillon avec vous. Rendez-vous mi décembre pour le savoir.

RENEGADES MADDOX EPISODES 35 & 36 (FIN)

CHAPITRE 35

Ash

Vendredi soir, le Blue Lounge est bondé quand j’y arrive. Je pensais que les gens allaient être réticents à se mêler les uns aux autres, avec le virus qui court toujours, mais apparemment, ils s’en foutent. Tout le personnel porte un masque et les serveurs ont une visière en plus. On ne peut pas rentrer sans s’être désinfecté les mains et  avoir mis un masque, qu’on ne peut enlever qu’une fois à sa table. La distribution est gratuite et assurée par de charmantes jeunes femmes assistées par de grands costauds. Le club est transformé en parcours fléché. Je suis sagement le tracé jusqu’à la table où Maddox m’attend. Il est tout en noir, comme d’habitude, et il a enlevé son masque en tissu de même couleur et boit une bière. L’ambiance est joyeuse, les rires fusent, et quelques couples s’agitent même sur la piste, à distance les uns des autres. L’ambiance est vraiment étrange. Après plus de huit semaines passées à la casa Beneventi, j’ai l’impression de débarquer dans un film de science-fiction. Je suis stressé que Maddox travaille au milieu de tout ce monde, mais lui a le sourire. Je commande un whisky et je me laisse tomber en face de lui, ôtant mon masque chirurgical.

— Tu voulais me voir ? demandé-je.

Maddox m’a simplement envoyé un message me demandant de passer pendant sa pause, m’assurant simplement que tout allait bien avant de ne plus répondre du tout.

— Pax veut te rencontrer, dit-il en prenant une gorgée de sa bière.

Je me crispe un peu. Nous nous connaissons, nous nous sommes déjà parlé et nous avons même fait affaire ensemble à une occasion, mais c’était quand je venais en tant que représentant du Vieux. Cette fois, c’est différent et ça me rend nerveux.

— C’est à cause de mon site de paris sur les jeux vidéo ? fais-je. Je sais qu’il en a un aussi, mais je ne suis même pas allé voir ce qu’il fait.

— Arrête de flipper, sourit Maddox. Il veut simplement faire ta connaissance.

— Il me connait déjà.

— Il connait l’héritier Beneventi. Ce soir, il veut te rencontrer, toi.

— J’ai l’impression que c’est ton daron et que je vais passer un examen, rigolé-je, déjà un peu plus détendu.

— Mais non. Arrête d’être nerveux comme ça. Tu sais, Pax est un être humain.

— C’est un chef de gang,  et moi je suis un petit gangster qui débute dans le business.

J’ai dû apprendre à changer d’attitude envers les autres caïds que je peux rencontrer. Auparavant, le nom de Beneventi me protégeait et m’assurait un certain statut. Maintenant, tout le monde sait que j’ai quitté le clan, certes avec la bénédiction du Vieux, mais que je ne peux plus être d’aucune utilité pour se gagner les bonnes grâces de mon grand-père. Certains m’ont carrément fermé leur porte, d’autres me prennent de haut. Je ne suis pas surpris, mais ça fait quand même bien chier, il faut l’avouer. Beaucoup attendent de voir si je vais me casser la gueule ou si je vais réussir, et je rencontre plutôt des types prêts à me mettre les bâtons dans les roues qu’autre chose. Je gère, mais je commence à me demander si ce foutu nom de famille ne va pas finir par peser trop lourd.

— Tu es un businessman prometteur, corrige Maddox. Allez, finis ton verre et viens. Pax est au cercle.

Je vide mon whisky et je remets mon masque avant de suivre Maddox à l’arrière du club. Les hommes de mains de Hunter, qui contrôlent les entrées dans la partie privée du club, saluent tous mon mec d’un air respectueux et me jettent un coup d’œil au passage. On emprunte un couloir violemment éclairé, on passe un nouveau point de contrôle et on descend dans l’antre du vice, à savoir le cercle de jeux. Là aussi, l’ambiance est joyeuse. Les joueurs sont assis avec l’espacement de sécurité entre eux, tout le monde a un masque, même si certains le soulèvent régulièrement pour pouvoir boire leur cocktail, et les croupiers portent des gants jetables.

Hunter est debout près de la roulette. Il porte son habituel costume noir sur chemise de même couleur, et son masque est noir. Seuls ses yeux sont visibles. Si je n’étais pas déjà amoureux, je pourrais avoir un coup de cœur. Hunter a l’air dangereux et il le sait, parce que c’est exactement ce qu’il est.

Il n’a pas besoin que Maddox l’interpelle pour savoir que nous arrivons. Il se retourne et nous nous faisons face. Je suis nerveux. J’aime pouvoir lire sur le visage des gens l’impression que je leur fais. Là, je dois me fier au regard que Hunter me décoche, plutôt amical.

— Venez vous asseoir, Beneventi, m’invite-t-il.

Une table est déserte et nous nous y installons. Maddox reste avec nous le temps de dire deux mots, puis nous laisse en disant qu’il doit retourner bosser.

— Je vais aller droit au but, fait Hunter. J’ai toujours pensé que vous étiez plutôt doué pour les affaires, quand vous travailliez encore pour votre grand-père.

— Merci, dis-je, hésitant à ajouter une formule de politesse.

Nous sommes en porte en faux tous les deux.

— Votre site de paris sur les jeux vidéos a bien démarré, on dirait, continue-t-il.

— Nous n’en sommes qu’au début, réponds-je, nerveux. Je sais que vous en avez créé aussi.

— C’est une nouvelle époque. Même si le confinement est en train d’être progressivement levé, on est loin d’en avoir fini avec la pandémie. Il faut penser virtuel. J’ai entendu dire que vous étiez en train d’acquérir une série d’anciens entrepôts à Brooklyn.

Je me demande si Maddox lui a parlé de mon grand projet, que je mets en place, mais que je n’ai pas encore dévoilé en dehors de ma nouvelle équipe.

— Exact. Je vais monter un ring, annoncé-je.

Je devine le sourire de Hunter sous son masque.

— Le mien reste fermé pour l’instant. Je ne veux pas prendre le risque de recevoir du public dans un lieu clos pour l’instant.

— Moi non plus, assuré-je.

Il plisse les yeux.

— Vous allez lancer quelque chose comme une chaine de télé couvrant votre ring clandestin ? demande-t-il.

— Si j’ai le financement, ce qui n’est pas encore le cas, réponds-je.

Mon cœur bat plus vite. J’ai en face de moi un type qui pèse lourd en matière de finances et d’investissements.

— Mettons que vous l’ayez, répond Hunter. Que feriez-vous ?

— Comme les spectateurs ne peuvent pas encore venir aux combats en sécurité, j’embaucherais des vidéastes capables de filmer les combats comme du cinéma, mais dans les conditions du direct. Je ferais monter la pression en diffusant des petits reportages sur les combattants, avec des interviews, des séquences de leur entrainement, le défi qu’ils lancent à leur adversaire. Tout cela, je le diffuserais gratuitement. Ensuite, il y aurait les combats, et là, il faudrait payer pour les voir, mais une somme plutôt modique. Et vous pourriez parier. Avant le combat, mais aussi pendant, pour des sommes de plus en plus élevées.

Hunter incline la tête en signe d’approbation.

— Maddox a raison, vous êtes brillant, dit-il. De combien auriez-vous besoin et quand pourriez-vous être prêt ?

Je lui donne un chiffre et une date. Hunter ne cille pas.

— Vous allez vite.

— Il le faut. Personne ne sait comment la situation va évoluer. Je veux pouvoir continuer à exploiter mon idée de vidéo même lorsque le vaccin aurait été trouvé et diffusé. Je veux que le monde entier puisse voir et parier sur ces combats.

— Vous êtes ambitieux.

— Je vois grand.

— Et le fait que tout ceci soit illégal ?

— J’ai les moyens de crypter ce qui est illégal. Les flics ou les fédéraux pourront trouver le canal, ils pourront même parier, mais ils ne pourront pas remonter jusqu’à moi.

— Vous prenez un risque, fait-il remarquer.

— Je prends un risque calculé, rétorqué-je. Il y aura toute une équipe de hackers qui va bosser pour moi et se démerder pour empêcher les flics de nous tomber dessus. Il y a des fans de MMA qui ne vivent que pour les combats. Ils sont frustrés. Depuis des mois, ils n’ont pas eu leur dose de sensations fortes. Ils vont se jeter sur ma chaine. Ils vont parier. Ils vont dépenser beaucoup d’argent pour un spectacle de qualité.

Je m’échauffe en parlant. Je sens que je suis au bord d’une association qui peut s’avérer décisive pour moi. Il ne s’agit pas de bosser pour Pax Hunter, mais de l’avoir comme investisseur.

— J’ai envie d’investir dans votre affaire. Mais à certaines conditions.

Je le laisse parler. Ce qu’il propose est correct, et il me laisse le contrôle total de l’affaire. Ce qu’il veut, ce sont des résultats. Et ce n’est pas comme dans le monde des affaires légales. Si je ne peux pas payer, je suis mort. Je le sais. Mais j’ai confiance en moi, et j’ai quand même des liquidités pour amortir.

— Deal ? demande-t-il.

— Deal.

On ne se serre pas la main, parce que les gestes barrières et tout cela, mais le contrat est conclu. Hunter se lève, signifiant que l’entretien est terminé. Il me retient cependant d’un mouvement de la tête.

— Vous avez quitté votre famille parce qu’elle vous pesait, d’après Maddox. Vous associer avec moi ne va pas aboutir à la même chose ?

Je me mets à rire.

— Oh non, aucun risque. Nous venons de conclure une relation d’affaire, Hunter, pas un mariage !

— Il vaut mieux, parce que mon mari n’apprécierait pas, sourit-il. Je pense néanmoins que cette affaire est le début d’une longue relation professionnelle, Beneventi.

— Je l’espère, Hunter.

Il me quitte sur un hochement de tête. Maddox me rejoint. Il est resté à l’écart, tournant autour des tables de jeux, présence à la fois familière et invisible.

— Alors ? demande-t-il.

— On a conclu un deal, dis-je. Tu lui en avais parlé ? De mon projet ?

— Non, répond Maddox, indigné. Je sais distinguer les affaires de la vie privée. Dis-toi bien que si Pax t’a fait une offre, c’est qu’il croit en toi et en ton sens des affaires. Ce n’est pas un sentimental.

— La perspective que ton boss me loge une balle dans la tête si je me plante et que je ne puisse pas payer n’a pas l’air de t’effrayer, fais-je remarquer.

— Pax ne te tuera pas, répond-il d’un ton léger. Il te fera bosser sous sa direction. Mort, tu n’aurais aucune chance de le rembourser.

Nous savons tous deux qu’il est entre vérité et plaisanterie. Je ne vais pas me planter. Je sais ce que je fais. J’ai dû modifier mes plans à la dernière minute à cause de la pandémie, mais tout le travail de recherche fait en amont est toujours valable.

— J’ai l’impression de voir mon grand-père en plus jeune, soupiré-je.

— Si ton père ne fait pas gaffe quand il sera à la tête du clan, Pax le bouffera en un rien de temps quand il sera à la tête du clan, répond gravement Maddox.

— Ma mère ne le permettra pas. Ma belle-sœur lui arrachera le foie à mains nues, souris-je.

— A propos de famille, dit-il comme s’il venait de se souvenir de quelque chose, j’ai reçu un texto de ma mère.

— Comment va-t-elle ? demandé-je, sachant combien Maddox s’est inquiété pour elle quand elle est tombée malade.

— Elle est en pleine forme, et son dernier test a montré qu’elle n’était plus du tout contagieuse, sourit-t-il. Du coup, elle nous invite à dîner déjeuner dimanche.

J’ouvre la bouche sous mon masque, je la referme, parce que je ne sais pas quoi dire. Nous voilà dans une nouvelle étape de la vie à deux, la rencontre avec la famille.

— Je ne sais pas trop, marmonné-je.

— Viens au moins pour la nourriture, répond-il comme si tout cela n’avait pas d’importance. Son poulet rôti et son pain de maïs sont à tomber.

— Si tu me prends par les sentiments, souris-je.

— Ne t’inquiète pas, Ash, ma mère t’aime déjà.

Je prends sa main dans la mienne. Il sait toujours trouver les mots qui me réconfortent. 

— Et moi je t’aime, dis-je à voix basse.

Il m’attire contre lui. Distrait, je manque bousculer un homme corpulent qui sort des toilettes.

— Si ce n’est pas charmant, fait le maire Hughes avec un grand sourire sous son masque. Je n’aurais jamais cru qu’un jour je verrais ce cher Maddox amoureux. Ash, je peux vous appeler Ash, n’est-ce pas ? Si vous veniez vous asseoir à ma table, nous pourrions discuter. J’ai entendu dire que vous lanciez des affaires intéressantes.

Je regarde Maddox, qui me sourit, je regarde Hunter, qui fait le tour de la salle d’un air nonchalant, et incline la tête, et j’accepte l’invitation du maire. Cette fois, je sens que j’ai définitivement quitté le clan Beneventi et que je vole de mes propres ailes.

CHAPITRE 36

Maddox

Le Vieux est mort. Il est parti paisiblement, dans son sommeil. C’est Amy qui l’a découvert et elle a appelé Ash en premier. Je l’ai pris dans mes bras tandis qu’il encaissait la nouvelle, avant de laisser couler les larmes. Il aimait son grand-père, probablement plus que ses propres parents. Le Vieux n’a pas pu réaliser son rêve de lui transmettre le clan, mais il a au moins eu la satisfaction de voir son petit-fils lancer sa propre affaire avec succès et devenir un nom qui compte dans le Milieu. Ash s’est établi à New-York, mais il est également présent à Greenville. Il retransmet les combats du ring de Pax sur sa chaine.

Avec l’autorisation de mon boss, j’ai inauguré le ring d’Ash en combattant contre son poulain, un petit jeune de vingt-deux ans qui m’a fait sentir chacune des années qui nous séparent. J’ai gagné, parce que j’ai la technique et l’endurance, mais quelque chose m’a manqué durant ce combat, et j’ai mis du temps à comprendre ce que c’était. Je n’ai plus la rage en moi. Je n’ai plus ce besoin de me battre, de cogner sur quelqu’un pour laisser sortir toute ma colère.

Je ne suis plus en colère.

C’est presque étrange pour moi de me sentir heureux. Je n’y suis pas encore habitué. Je suis toujours autant passionné par le MMA, mais de plus en plus, je joue le rôle d’entraineur. J’ai ouvert la saison pour le ring de Pax, du moins ce qui reste de la saison, mais je pense de plus en plus raccrocher à la fin de l’année en tant que combattant. J’ai beaucoup à faire pour gérer le ring Hunter, et ajouté à mes fonctions de garde du corps, mes journées sont bien remplies. Je vais continuer à m’entrainer, mais je ne me produirais plus très longtemps sur le ring. Ma soif de sang s’est apaisée.

La vie avec Ash se déroule sans heurt. Ma mère nous invite à déjeuner un dimanche sur deux. J’ai rencontré la famille Beneventi une fois, lors d’un dîner informel, mais j’ai compris que je n’y serais jamais à l’aise. Ce n’est pas ma couleur de peau qui pose problème, mais plutôt mes origines modestes et mon statut de combattant MMA. Nous ne venons pas des mêmes cercles, je ne suis pas allé à la fac et surtout, je n’ai aucune origine italienne. J’ai été accueilli avec courtoisie, voire même avec une certaine chaleur de la part des parents d’Ash, mais je sais que je ne ferais jamais partie de leur famille. Ash l’a compris aussi, et il n’a pas arrêté de s’en excuser. Comme je lui ai dit, je m’en fiche, du moment que lui est là pour moi. De toute façon, il voit très peu sa famille, depuis son départ du clan.

Le vieux Luca Beneventi m’a pris à part pour bavarder un peu, comme il l’aurait fait avec n’importe quel homme devenu le compagnon de son petit-fils. Il voulait s’assurer que j’étais bien la personne qu’il pensait, et j’ai reçu sa bénédiction pour notre couple. C’est déjà pas mal. 

En attendant qu’un vaccin permette au monde reprendre une vie normale, chacun s’adapte. Les gens portent encore des masques, il y a toujours des vitres en plexiglas dans les magasins et les embrassades sont limitées aux proches. A l’enterrement du Vieux, pourtant, il y a foule, avec toute la famille et les obligés du clan, les associés, les collaborateurs et les nombreux amis. Tout ce petit monde vient rendre un dernier hommage au fondateur et s’assurer que l’héritier, mon père, remarque leur présence. Seule une femme se tient à l’écart, tout de noir vêtu, avec des lunettes de soleil. Ash me murmure qu’il s’agit de Lea, la fille du Vieux, qui a été reniée après avoir épousé un flic. Elle reste loin de la famille, et va déposer une rose sur la tombe après que la famille ait commencé à se disperser.

Ash est pas mal entouré, et je retrouve instinctivement mes gestes de garde du corps pour faire en sorte que personne ne l’approche suffisamment pour pouvoir lui postillonner dessus. Je reste vigilant sur les possibles règlements de compte au dessus d’une tombe. Mais l’ambiance est très calme, et Ash reçoit de nombreuses cartes de visite, accompagnées de l’invitation à appeler pour parler du bon vieux temps. Ce sont autant de futurs contacts d’affaires qui se nouent, nous le savons tous les deux, et le père d’Ash le sait aussi, mais n’intervient pas. Quant à son oncle, j’ai eu du mal à le reconnaître, tant il a vieilli en quelques mois. Ses cheveux sont blancs et les rides se sont creusées dans un visage amaigri. La trahison et la mort de sa femme l’ont fauché. Ses enfants se tiennent près de lui et le soutiennent, mais je remarque qu’ils se mêlent peu avec les parents et le frère d’Ash. Le clan s’est divisé après la mort de Gina. Il n’y a pas de rancœur, seulement un éloignement, d’après mon compagnon. Je l’espère. Je n’ai pas envie de devoir le protéger contre sa propre famille.

Lorsque la cérémonie se termine, nous quittons le cimetière de Greenville et nous décidons d’aller déjeuner dans un restaurant. Il y a du soleil et du vent, mais nous décidons de manger en terrasse, histoire d’être à l’air libre.

— Pas trop éprouvé ? demandé-je tandis que nous attendons notre commande.

— Je suis triste, mais je suis serein, répond Ash. Mon grand-père a eu une belle vie, il est mort après avoir passé du temps avec sa famille. Finalement, ce confinement a été une bonne chose pour lui. Il adorait les jumeaux.

— Il t’adorait aussi, dis-je. Il t’aimait suffisamment pour te laisser partir.

— Oui. Cela n’a pas été sans mal, mais il a fini par l’admettre.

Le serveur nous interrompt, le temps de poser assiettes et verres devant nous. Ash a commandé du Chianti. Je lève mon verre.

— Au vieux Beneventi, dis-je.

— A mon grand-père.

Nous entrechoquons nos verres.

FIN

RENEGADES MADDOX EPISODE 34

Maddox

Il est temps que j’appelle Pax. Je suis un peu stressé, quand même, parce que je vais me contredire à moins de vingt-quatre heures d’intervalle. Cela ne me ressemble pas. Je sais d’habitude où je vais et ce que je veux. Rétrospectivement, l’idée de quitter Greenville me parait dingue, même par amour pour Ash.

— J’allais t’appeler, fait Pax en prenant la communication vidéo. On rouvre.

— Okay. Avant qu’on parle boutique, j’ai un truc à te dire, lancé-je avant de perdre tout courage. Je ne pars plus. Je reste. Si c’est okay avec toi.

Pax a un large sourire, ce sourire canaille qui annonce qu’il a gagné comme il l’espérait.

— Tu as parlé à ta mère ?

— Oui. Elle m’a traité de connard, en résumé. J’ai réfléchi. Je suis désolé de t’avoir balancé que je foutais le camp comme ça, Pax. Je te présente mes excuses.

Pax hausse les épaules.

— Ça va, pas la peine d’en faire un drame en trois actes. Tu restes, c’est l’essentiel. Je te voyais mal barré si tu foutais le camp à Chicago. La situation est mauvaise, mec.

— Je sais. J’ai compris que je tenais plus à mon taf et à ta sale gueule que je ne le pensais, dis-je en plaisantant, histoire de masquer mon émotion.

Pax aurait pu m’envoyer sur les roses en me disant que j’avais démissionné. Je l’ai déjà vu s’énerver pour moins que cela. La fidélité est importante pour lui, et pour moi aussi, même si je l’ai oublié un instant.

— Et ton mec ? Vous en êtes où ?

— Il m’a dit qu’il m’aimait. Et puis il s’est barré en me disant qu’il revenait.

Pax siffle.

— Eh bien, on dirait que Junior est accro.

— Ne l’appelle pas Junior, protesté-je.

— Il est accro quand même. Tu lui as répondu quoi ?

— Que je l’aimais aussi.

— C’est vrai ?

— Ouais. Pax, comment est-ce que tu as su que Nate était le bon ? demandé-je.

Mon boss se frotte le front, signe de perplexité chez lui.

— Je ne sais pas. Je l’ai compris, voilà tout. Cela m’est apparu comme une évidence. Nate était l’homme de ma vie, point barre. Ça m’a fait un choc, je dois l’admettre. Devenir bi, je veux bien, tomber amoureux pour de vrai, je n’étais pas prêt.

— Je ne suis pas prêt non plus.

— Tu t’y feras. Je suis heureux pour toi, Maddox, mais il va falloir que les choses soient claires. Tu bosses pour moi, pas pour les Beneventi.

— Je sais ! protesté-je, indigné.

— Je dis ça parce que j’ai entendu qu’il y avait eu du grabuge cette nuit à l’hôpital, continue Pax. Je ne veux pas savoir ce qui s’est passé, mais ça doit rester un incident isolé, cappice ?

— Cappice, dis-je. Merci.

— Bah, on fait tous des conneries quand on est amoureux. J’ai bien invité ma belle-mère à venir chez nous.

— Elle est partie ?

— Oui. Je vais faire changer les serrures.

On rigole tous les deux. Je ne connais pas la daronne d’Ash. Je me demande comment elle va réagir en apprenant que son fils est tombé amoureux d’un simple combattant MMA. J’espère qu’elle n’est pas raciste.

En fait, j’ignore tout de la famille d’Ash, à part ce que tout le sait sur les Beneventi.

— Si ton mec quitte son clan et veut se la jouer solo, ce sera mieux pour tout le monde, reprend Pax.

— C’est ce qu’il veut faire. C’est pour cela qu’il voulait partir.

— Bien. Comme ça, tout est clair. Bon, passons aux choses sérieuses.

Nous discutons de la réouverture du Blue Lounge de Greenville, du cercle de jeux et du ring. Pax subit des pressions de toutes parts pour que la vie reprenne, mais je sens qu’il y va à reculons.

— La pandémie est encore là, bordel, grogne-t-il. Les gens ne se rendent pas compte. Si on rouvre, je mets tous mes employés en danger, et les clients avec.

— Les écrans en plexiglas ont été installés ? demandé-je.

— Oui, ainsi que les distributeurs de gel et de gants. Mais va-t-en faire respecter les gestes barrières à des clients après deux ou trois verres ou quand ils sont pris dans une partie de poker, soupire Pax.

— Et le ring ?

Pax est hésitant.

— On ne le rouvre pas encore. C’est trop dangereux. Les gens vont être les uns sur les autres. Et je ne parle pas des combattants.

— Tu perds beaucoup ?

Pax ricane.

— Mec, j’ai perdu un paquet de fric depuis mars. Et même si Joaquin a bossé comme un malade pour tout ce qui est paris en ligne sur les jeux vidéo et le reste, on est encore largement déficitaires.

— La pandémie se tasse en Europe, dis-je avec optimisme, et ça va bientôt être la même chose chez nous.

— Tu rigoles ? Tu as vu les chiffres ? C’est en train de continuer à grimper. Mais notre cher président veut que l’économie reprenne, alors tout rouvre. J’ai commandé des centaines de tests, de façon à ce que tout le monde soit régulièrement contrôlé. Et le premier que je prends sans masque et sans visière est viré. Il faut que tu me trouves des gros bras supplémentaires pour veiller à ce qu’un minimum de précautions soit respecté par les clients.

— Je m’en occupe.

Je suis heureux d’avoir quelque chose à faire. Je déteste glander, même si question action j’ai été servi aujourd’hui. Je ne suis même pas surpris que Pax soit déjà au courant. Il est comme le vieux Beneventi, il a des yeux et des oreilles partout.

— Je lève le confinement, mais très progressivement, conclut Pax. A la moindre alerte, on referme tout. Il va falloir que tout le monde bosse sur les plans de table, sur les sens de circulation et qu’on flèche les parcours.

— On pourrait transformer ça en jeu, suggéré-je. Avec de l’adhésif de couleurs différentes et des trucs clignotants, comme dans un jeu vidéo.

Pax a un grand sourire.

— C’est une excellente idée, approuve-t-il.

On se donne rendez-vous le lendemain au club, et je termine la conversation lorsqu’Ash se présente à ma porte.

Il a un grand sourire et ses yeux pétillent comme ceux d’un gamin qui vient d’apprendre qu’il va à Disneyland.

— Le Vieux me laisse partir ! s’exclame-t-il. Il m’a donné sa parole qu’il n’essaierait pas de me mettre les bâtons dans les roues quand je lancerai mon propre business !

Je le prends dans mes bras et je lui donne une étreinte d’ours.

— Comment as-tu fait ?

Ash hausse les épaules.

— Je lui ai fait comprendre qu’il n’avait pas le choix. Je pense aussi que ce qui s’est passé ces derniers temps l’a plus touché qu’il ne veut le montrer. Sa propre belle-fille le haïssait suffisamment pour vouloir le tuer. Il s’est peut-être dit qu’il ne voulait pas me voir tourner aigri.

— Tu veux toujours partir à Chicago ? demandé-je.

Je suis prêt à me battre comme un damné pour qu’il reste, mais Ash secoue la tête.

— Non. Je reste ici, à Greenville. Tu avais raison, tu sais. Je serai toujours un Beneventi, où que je sois. Et puis, les affaires vont mal, et ce n’est pas le moment de partir dans une ville où j’ai des contacts, mais pas vraiment de relations. Avant la pandémie, cela aurait été possible, mais plus maintenant.

Je suis tellement soulagé que j’ai l’impression qu’un poids énorme vient de s’enlever de mon cœur.

— Tu as une idée de ce que tu vas faire ? demandé-je.

— Je dois d’abord régler les choses avec la famille, dissocier mes affaires personnelles de celle du clan et mettre les finances au clair, énumère-t-il. Ensuite, je me lance dans les paris en ligne sur des jeux vidéo. Grand-père me laisse partir avec le business que j’ai lancé il y a quelques semaines. Ce n’est pas grand-chose, mais ce sera un début. Et puis j’ai des idées pour des montages financiers.

— Tu penses que ça va fonctionner, malgré la crise ?

— Tu ne crois quand même pas réellement que les gens très riches, ceux susceptibles d’investir dans mon futur business, sont vraiment devenus pauvres ? rétorque Ash d’un ton ironique. Comme d’habitude, la crise va toucher les plus pauvres, les classes moyennes, mais les très, très riches n’en sentiront que peu l’impact.

Il a raison. Je ne suis pas un économiste, mais je finis par savoir comment ce pays fonctionne. Quand ça merde, ce sont les plus fragiles qui se prennent les dégâts en pleine figure. Je n’ai pas entendu dire que des milliardaires avaient fait faillite.

— Je suis heureux que tu restes, dis-je. Je ne pouvais pas te suivre à Chicago.

— Je sais. J’étais égoïste de te le demander, reconnait Ash en m’enlaçant. Je suis désolé. Je t’aime, Maddox.

— Je t’aime aussi, Ash, dis-je en effleurant ses lèvres des miennes.

— Assez pour venir vivre avec moi ? demande Ash.

Il va vite. Je pensais qu’on allait d’abord essayer de vivre une relation normale, sans qu’il fasse le mur tous les soirs pour me rejoindre.

— Ici ? demandé-je.

— Ah non ! s’exclame-t-il. Ce serait comme baiser sous l’œil du Vieux.

On fait une grimace d’horreur tous les deux, puis on rigole.

— Alors où ?

— Chez moi. J’ai un appart’ en ville.

— Il y a assez de place pour vivre à deux ? demandé-je.

Il se met à rire.

— Trois cent mètres carrés, ça t’ira ?

Je préfère ne pas penser aux taxes qu’il doit payer.

— Je suis propriétaire de cet appartement, dis-je en désignant les murs.

— Et alors ? Tu pourras toujours le louer. Maddox, je sais que je vais vite, mais j’en ai marre d’attendre. S’il y a bien une chose que cette foutue pandémie m’a enseignée, c’est que la vie ne tenait qu’à un fil. Je t’aime et je veux vivre avec toi. On a appris à se connaître durant toutes ces semaines de confinement. Sautons le pas !

Il me fait penser à un jeune chien à qui on vient d’ouvrir les portes du chenil et qui découvre la liberté pour la première fois. J’ai toujours planifié ma vie, et je n’ai jamais pris de décision sur un coup de tête. Pourtant, j’étais prêt à tout quitter pour le suivre à Chicago. Je ne vais quand même pas hésiter pour un simple déménagement.

— D’accord, dis-je.

Il a à nouveau ce grand sourire, m’attrape à bras le corps et essaie de me soulever de terre. Il n’y arrive pas, parce que je dois faire vingt kilos de plus que lui, mais j’apprécie l’intention. C’est moi qui le soulève de terre, le jette sur mon épaule, et l’emmène à la chambre.

— On va commencer par défaire les draps, dis-je.

RENEGADES MADDOX EPISODE 33

Ash

C’est le Vieux qui nous a fait un topo sur l’affaire O’Malley. Je ne voyais pas du tout le lien avec Gina, jusqu’à ce qu’il nous apprenne que O’Malley est le flic qui a mené l’enquête à la mort d’Ettore. Lorsque mon cousin et ses hommes se sont fait descendre, il était le premier à être arrivé sur les lieux, et c’est lui qui a prévenu mon oncle et ma tante de la mort de leur fils. Naturellement, il a tout de suite compris que c’était lié aux affaires du clan, mais le Vieux a fait jouer ses contacts pour que l’enquête n’aboutisse pas. Les assassins de son petit-fils ont été punis à la manière Beneventi, à savoir retrouvés et exécutés par le Vieux lui-même.

O’Malley voulait faire tomber le clan et détruire Luca Beneventi, coupable de lui avoir volé sa femme. Amy et le Vieux commençaient tout juste à sortir ensemble lorsqu’Ettore est mort. Ils s’étaient banalement rencontrés dans un café du Little Italy de Greenville, et cela avait été le coup de foudre. Le mariage d’Amy battait de l’aile depuis déjà des années, et la rencontre avec mon grand-père avait été comme un coup de tonnerre dans un ciel déjà nuageux. Amy avait quitté O’Malley pour prendre un appartement et fréquenter son nouvel amoureux.

Cela, O’Malley ne l’encaissait pas. Que sa femme le quitte ne passait pas, qu’elle le quitte pour sortir avec un chef de gang lui restait carrément en travers de la gorge. Amy se fichait de savoir ce que faisait Luca. Elle était amoureuse et heureuse, et elle voulait vivre sa vie. Passer de flic à voyou ne lui semblait pas si différent, finalement.

O’Malley a vu dans la mort d’Ettore le moyen de se venger. Il a donc cherché le maillon faible de l’affaire, et il a convoqué Gina, la mère éplorée. Il a réussi à lui monter la tête, lui disant que c’était, de fait, le Vieux le coupable. Il n’y est pas allé de manière directe, il a juste lancé ça comme une remarque.

— C’est étonnant que votre beau-père ait laissé un homme si jeune et si inexpérimenté aller sur le terrain comme ça.

De là, il a réussi à embrouiller Gina pour lui soutirer des informations. Mais ma tante s’est ressaisie. Elle a compris ce qu’O’Malley voulait obtenir à travers elle. Elle a pris ses distances. Le clan avant tout, la famille et sa loi du silence. Cependant, à chaque anniversaire de la mort d’Ettore, O’Malley lui envoyait un message de condoléances, lui assurant qu’il pensait à elle et à son chagrin. Lorsque les rumeurs concernant la possible volonté du Vieux de me laisser la direction du clan ont commencé à courir, O’Malley, désormais à la retraite, a décidé d’en rajouter une couche. Il a envoyé le message habituel à Gina début mars, auquel il a ajouté quelques mots.

Non content de tuer votre fils ainé dans un piège, il insulte sa mémoire en privant votre Enzo de son droit légitime à la succession en lui préférant votre neveu.

Cette fois, Gina a répondu par davantage qu’un simple remerciement. Elle a commencé à correspondre avec O’Malley. De son point de vue, le fait que le Vieux vive désormais avec Amy ne la choquait pas. Elle l’aimait même bien, apparemment, mais elle ne s’était jamais vraiment remise de la mort d’Ettore. Quelle mère se remet vraiment de la mort de son enfant ? O’Malley a joué là-dessus. Je ne dis pas que Gina est innocente, mais disons qu’il a bien enfoncé le clou, insinuant que le Vieux était un sale type qui ne savait que faire le mal autour de lui, envoyant son petit-fils à la mort et volant la femme d’un autre. Et maintenant, il s’apprêtait à voler à Alessandro d’abord, puis à Enzo ensuite, la direction du clan. Cela, O’Malley ne l’a pas inventé, mais il a joué sur la rancœur de Gina pour la convaincre qu’il fallait éliminer le Vieux.

L’ascenseur était réellement un accident, car O’Malley n’était pas au courant. C’est lui par contre qui a eu l’idée pour les pilules et la corde tendue en travers des escaliers. Gina ne venant pas d’une famille d’enfant de chœurs non plus, a su comment s’y prendre. Lorsque ses deux premières tentatives ont échoué, ils ont tous les deux évoqué la pandémie, souhaitant à leur ennemi commun de tomber malade et d’en mourir. Et c’est là qu’est venue l’idée de la chloroquine. O’Malley a contacté un médecin de ses amis pour savoir quelle dose serait fatale au Vieux, et Gina a poussé Alessandro à en commander en prévention. Elle a vite trouvé comment empoisonner son beau-père, mais a prévenu O’Malley qu’Amy risquait d’y passer avec lui. L’ex flic a simplement répondu que le hasard déciderait si Amy devait vivre ou pas.

Le Vieux a eu beaucoup, beaucoup de chance. Déjà stressé, le cœur fragile, la chloroquine l’aurait mené à une crise cardiaque fatale si notre conversation lui a porté un coup et a provoqué son malaise.

En quelque sorte, mon entêtement lui a sauvé la vie. C’est ironique quand on y pense.

Je croise Amy en rentrant de chez Maddox. Elle sort du bureau du Vieux. Je sens un malaise entre nous. Après tout, j’ai buté son ex-mari. Mais elle me prend les mains.

— Merci de lui avoir sauvé la vie, dit-elle simplement avant de continuer son chemin.

Elle vient de me donner l’absolution pour mon crime. Son ex-mari a tenté de tuer son nouvel amour et elle ne va pas pleurer sa mort. Après tout, pensé-je cyniquement, si O’Malley avait accepté que sa femme le quitte, il serait encore en vie et Gina aussi. Je ne vais pas verser des larmes sur un type qui a fait tant de mal à ma famille.

— Entre, fait le Vieux lorsque je frappe à sa porte.

Il est assis sur le canapé en cuir noir de son bureau, devant la bibliothèque, et consulte sa tablette, ses lunettes perchées sur le bout de son nez.

— Comment te sens-tu ? demandé-je avant de m’asseoir.

— Bien, bien, fait mon grand-père d’un ton impatient. Je suis solide, je m’en remettrais. Et Petrelli dit qu’Amy va bien.

Je sens le soulagement dans sa voix. Il aime Amy beaucoup plus qu’il ne le réalise, peut-être autant qu’il aimait grand-mère. 

— Où sont les autres ? demandé-je, réalisant soudain que la maison est silencieuse.

— Alessandro, Enzo et Michele sont à la maison funéraire. Petrelli nous a fait un certificat de décès en bonne et due forme, pendant qu’il était là. Maria cherche des vêtements pour sa mère.

— Comment réagissent-ils ?

Le Vieux enlève ses lunettes et se frotte les yeux. Il y a quelques rides de plus sur son visage.

— Que veux-tu que je te dise ? Gina a trahi, mais je ne souhaitais pas qu’elle finisse comme ça. Si elle n’avait pas eu ce geste, j’aurais demandé à Alessandro de l’envoyer loin d’ici et de ne plus jamais revoir les nôtres. Ah, pendant que j’y pense, pour les petits, leur grand-mère est morte en nettoyant son arme et il en sera toujours ainsi, est-ce que c’est compris ?

— Oui, grand-père.

Un nouveau secret de famille qui vient s’ajouter à la longue liste de la famille Beneventi. Je suis certain que j’en ignore plusieurs, parce que j’étais trop jeune ou même pas encore né et que le Vieux a ordonné le silence.

— Tu étais avec ton petit ami ? demande-t-il soudain.

— Oui. J’avais besoin de sortir d’ici et de réfléchir. Il faut que nous parlions, grand-père.

Il soupire.

— Encore, maugré-t-il.

— Je vais partir, annoncé-je. Je vais quitter les affaires Beneventi et monter mon propre business. Je le ferai avec ou sans ta bénédiction.

— C’est Striker qui t’a monté la tête ?

— Maddox n’a rien à voir avec tout cela, réponds-je d’un ton ferme. Je voulais partir avant même qu’on ait une liaison. Je n’en peux plus de la famille, grand-père. Je ne veux plus travailler avec eux, et je ne veux certainement pas prendre la direction du clan après toi.

— Et qu’est-ce que tu veux faire ? Aller bosser pour Hunter ?

— Certainement pas ! Je vais monter mon business.

— Dans quoi ? Parce que je te signale que les jeux et les cages sont tenus par Hunter et la came et les paris sportifs, c’est nous. Si tu viens marcher sur nos plates-bandes, tu te feras virer.

— Il y a des tas d’affaires à monter hors de ces domaines. Du business lucratif, à partir de montages financiers, qui rapportent beaucoup. Ce n’est pas un coup de tête, grand-père. J’ai étudié mon dossier, je suis prêt.

— Et tu penses que tu y arriveras mieux à Chicago ? demande le Vieux.

C’est à mon tour de soupirer. J’aurais dû me douter que l’un de mes contacts allait l’appeler. Maddox a raison, on n’échappe pas aux Beneventi, même dans une autre ville.

— Chicago était une idée à laquelle je n’ai pas donné suite, mens-je. Je vais rester ici, mais je pense plutôt monter mon business à New York.

— Et vivre avec Striker ?

— Oui.

Je m’avance beaucoup. Après tout, Maddox et moi n’avons pas encore fait de projets à ce sujet. Tout va tellement vite maintenant que nous n’avons pas eu le temps d’en parler.

— Et si je mets mon veto ? lance grand-père comme il lancerait une paire de dés.

— Alors, je devrais me tourner vers tes ennemis pour trouver des partenaires de business, ou même me lancer dans des affaires légales et foutre la hante au clan. Et n’oublie pas que Maddox est non seulement l’employé, mais aussi l’ami de Hunter. Le chef de gang peut être mécontent de notre relation, mais l’ami se réjouira du bonheur de Maddox.

Je m’avance énormément, je bluffe en grand, parce que je doute que Hunter soit aussi sentimental lorsqu’on en vient aux histoires entre gangs, mais j’ai la rage au cœur et je suis prêt à mentir comme un arracheur de dents s’il le faut.

Le Vieux tapote l’accoudoir du canapé d’un doigt énervé.

— Tu sais qui tu me rappelles ? demande-t-il. Ta grand-mère ! Quand elle avait une idée en tête, elle ne l’avait pas ailleurs.

— Je prends cela comme un compliment, souris-je.

Je sais que cela en est un. Grand-mère était comme toutes les femmes du clan, qu’elle soit de sang Beneventi ou pas, une âme forte.

— Le clan va partir en couilles, dit brusquement le Vieux. Ni ton père ni Flavio n’ont ton génie des affaires. Et je ne parle même pas d’Enzo. Quand à Michele, il n’est pas un Beneventi. Et s’il faut que j’attende que les petits soient adultes…

— Mais bordel, qu’est-ce que ça peut te foutre de savoir ce que deviendra le clan après ta mort ? m’exclamé-je. Tu ne seras plus là pour le voir ! Et papa comme Flavio, et crois-moi, ça me fait mal au cul de dire ça de mon frère, sont capables de mener les affaires de la famille. Et Enzo et Michele aussi.

— Tu es jeune, Ash, répond mon grand-père avec douceur. Tu ne sais pas que c’est de contempler la mort et de savoir que tout ce qui restera de toi sur cette terre sera vite effacé.

— Tu laisseras toute ta descendance, et aussi toutes les bonnes choses que tu as faites, réponds-je. Tu laisseras le souvenir des bons moments. Et puis le temps passera et le monde t’oubliera, comme il a oublié nos ancêtres. C’est la vie.

Grand-père se met à rire.

— Tu deviens philosophe, maintenant ? A ton âge ?

— Quand je bute un type avant le petit-déjeuner, ça m’arrive, rétorqué-je.

— Tu ne cèderas pas, n’est-ce pas ? Tu partiras, avec ou sans mon accord ?

— Il y a un beau parchemin quelque part à Washington qui disent que tous les hommes naissent libres, dis-je. En tant que citoyen américain, cela me concerne.

— Tu me cours sur le système, Ash, tu le sais ? grogne le Vieux.

— Alors, mieux vaut que je m’éloigne, rétorqué-je.

Il me dévisage pendant cinq longues secondes, puis se renfonce dans le canapé.

— Très bien. Je n’ai jamais retenu un membre de ma famille contre son gré, ta tante peut en témoigner, lance-t-il.

— Je ne compte pas épouser un flic, fais-je, indigné.

— Tu peux partir et monter ton propre business, et vivre avec qui tu veux, fait le Vieux. Mais à partir du moment où tu quittes le clan, tu perds les privilèges qui vont avec. Si tu te retrouves dans la merde, tu te débrouilles seul. Si tu te fais arrêter, ne viens pas pleurer pour que je te sorte de taule. Si…

— Je sais tout cela, l’interrompé-je. Je suis un grand garçon et je peux me débrouiller seul. J’ai simplement besoin de ta parole que tu ne tenteras pas de me mettre les bâtons dans les roues.

— Tu as ma parole, espèce de tête de lard.

Je souris, il sourit aussi.

— Allez, viens embrasser ton grand-père et file, dit-il d’une voix un peu enrouée. Et si Hunter a un souci à propos de toute cette histoire, tu te démerdes avec lui. Mais sois assuré que s’il te bute, je le descendrais moi-même.

Je prends mon grand-père dans mes bras et je fais mes adieux au Vieux.